Lors de sa récente rencontre officielle avec cinq chefs d’État africains, Donald Trump, aujourd’hui de retour à la Maison Blanche, a reçu un hommage inattendu : deux de ces dirigeants ont estimé qu’il méritait le Prix Nobel de la Paix. Une déclaration surprenante, relayée en grande pompe dans les médias et sur les réseaux sociaux, qui laisse songeur sur le fond réel de cette initiative.
Car soyons lucides : au-delà de la poignée de contrats que ces présidents ramèneront dans leurs valises, cette scène montre autre chose. Elle révèle, avant tout, une technique de flatterie bien connue et maîtrisée. Donald Trump aime être célébré, et les dirigeants africains présents l’ont compris : quelques mots bien placés valent parfois plus qu’un long discours diplomatique.
Mais sur le fond, peut-on sérieusement soutenir que Trump incarne un artisan de la paix ? Depuis son retour au pouvoir, l’homme n’a pas changé de méthode : politique étrangère agressive, sanctions économiques tous azimuts, discours clivants, bras de fer commerciaux… Rien qui rappelle de près ou de loin l’esprit du Prix Nobel de la Paix.
Même lorsqu’il signe des accords économiques avec l’Afrique, il ne s’agit pas d’un geste désintéressé en faveur de l’harmonie mondiale : c’est une logique de rapports de force, de deals “gagnant-perdant” où l’Amérique entend toujours tirer son épingle du jeu.
Cette déclaration flatteuse ressemble donc davantage à une manœuvre d’image. En honorant Trump de cette manière, certains chefs d’État africains cherchent à s’attirer sa sympathie et peut-être à améliorer leurs relations bilatérales. Mais en procédant ainsi, ils prennent le risque d’envoyer à leurs propres peuples un message confus : qu’importe les valeurs, qu’importe l’exemple donné, l’essentiel serait de plaire au plus fort du moment.
Or, il serait bon de rappeler que le Prix Nobel de la Paix n’est ni un trophée de courtoisie, ni un accessoire diplomatique. Il a une signification historique, un poids symbolique. S’il devient un simple outil de communication pour flatter un chef d’État américain avide de reconnaissance, alors il perdra ce qui fait sa valeur.
Donald Trump ne mérite pas ce prix. Et les chefs d’État africains gagneraient en crédibilité en le disant franchement, plutôt qu’en se prêter à ce jeu de dupes.









