Ce qui se déroule actuellement à la prison centrale de Libreville autour de la détention de Bob Mengome ne peut plus être traité comme un simple incident administratif. Les faits rapportés, recoupés par plusieurs sources concordantes, dessinent désormais les contours d’une situation extrêmement préoccupante, où le silence, le refus d’obtempérer aux décisions judiciaires et l’absence totale de communication officielle interrogent gravement l’État de droit.
Depuis plusieurs jours, l’accès à Bob Mengome est systématiquement refusé. Et ce, malgré la présentation d’autorisations de visite régulièrement établies par l’autorité judiciaire compétente. Des mandats émanant du procureur de la République auraient été produits, sans qu’ils ne soient exécutés.
Si ces éléments sont avérés, il ne s’agirait plus d’un simple dysfonctionnement, mais bien d’un acte de défi direct à l’autorité judiciaire.
Une question lourde de sens s’impose alors, et elle mérite une réponse publique claire :
qui a donné l’ordre de ne pas exécuter ces décisions de justice ?
Un directeur de prison peut-il, de sa propre initiative, se placer au-dessus de la loi ?
Ou agit-il sous instruction, au nom d’une autorité qui refuse d’en assumer la responsabilité ?




Ci-dessus les permis de communiquer émis par le Procureur de la république refuséS par la prison centrale de Libreville : un scandale
Mais l’inquiétude atteint un niveau autrement plus grave encore. Selon des informations jugées crédibles par plusieurs témoins, Bob Mengome aurait été aperçu récemment dans un état physique alarmant, laissant craindre une dégradation sérieuse de sa santé. Depuis cette observation, plus aucun signe, plus aucune information, plus aucune confirmation officielle.
Ce mutisme est d’autant plus troublant qu’il intervient dans un contexte connu : celui d’un système carcéral régulièrement dénoncé par des ONG, des avocats et des familles de détenus pour des pratiques contraires aux droits humains. Dans ce cadre, l’interdiction arbitraire des visites ne peut être perçue que comme une mesure de protection administrative anodine. Elle soulève, au contraire, la crainte d’une volonté de dissimulation.
La Constitution gabonaise est pourtant sans ambiguïté. Elle garantit à toute personne privée de liberté le respect de sa dignité, de son intégrité physique et morale, ainsi que l’accès aux soins. Ces obligations sont renforcées par les engagements internationaux du Gabon, notamment la Convention des Nations unies contre la torture et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Dès lors, plusieurs interrogations, graves et légitimes, ne peuvent plus être éludées :
- Bob Mengome est-il actuellement gravement malade ?
- A-t-il subi des violences ou des traitements contraires aux droits humains ?
- Le refus de visites vise-t-il à empêcher toute constatation indépendante de son état réel ?
À ce stade, le doute est devenu une alerte, et l’alerte, une urgence.
Face à ce qui s’apparente désormais à une affaire d’intérêt national, une réunion d’urgence se tiendra demain au domicile de son grand frère aîné. Elle réunira des membres de la famille, des journalistes et des acteurs de la société civile. Une communication publique détaillée est annoncée à l’issue de cette rencontre, accompagnée d’un chronogramme précis d’actions juridiques et institutionnelles visant à obtenir la vérité, à garantir la protection immédiate du détenu et à exiger le strict respect de la loi.
Le Gabon ne peut se permettre que des décisions judiciaires soient ignorées dans le silence.
Il ne peut tolérer que des zones d’ombre persistent là où la vie et l’intégrité d’un citoyen sont en jeu.
Le sort de Bob Mengome engage, qu’on le veuille ou non, la responsabilité morale, administrative et institutionnelle des autorités concernées.
Quand le silence dure, il devient suspect.
Quand la loi est ignorée, l’État vacille.
La vérité doit sortir. Maintenant.












