Après avoir déposé sa démission auprès du chef de l’État suite à son élection au Sénat, comme l’exige l’usage, Pascal Ogowe Siffon, ministre en charge du tourisme, a été interpellé de manière humiliante par les éléments du B2, entre la présidence de la République et sa résidence. Une arrestation publique, honteuse, qui choque autant qu’elle interroge.
Pourquoi Pascal Ogowe Siffon n’a-t-il pas reçu une simple convocation ? Pourquoi subir une mise en scène digne d’un film d’action pour un ministre pourtant respectueux de la procédure ?
Son nom a été cité à plusieurs reprises dans une affaire de détournement de dix milliards. Mais peut-on croire qu’un seul individu ait pu détourner une telle somme sans complices ? Où sont ces complices ? Pourquoi eux ne sont-ils pas inquiétés ?
Et surtout, que dire du précédent procès de la fameuse “bande à Sylvia Bongo” ? À l’époque, de nombreuses hautes personnalités du système avaient été citées, certaines pour des malversations impliquant des montants bien plus importants que ceux reprochés à Siffon. Pourtant, ces personnes circulent encore librement, comme des poissons dans l’eau, alors que le procureur avait solennellement déclaré qu’elles seraient convoquées pour être entendues.
Face à ce traitement inégal, l’affaire Siffon prend une toute autre dimension : elle ressemble moins à une action judiciaire sérieuse qu’à une manœuvre ciblée, un avertissement politique déguisé en procédure légale. Les autres responsables présumés restent tranquilles, tandis que Siffon encaisse les foudres de la justice.
Justice ou vendetta ? Le Gabon mérite des réponses claires. Si la justice s’acharne sur certains et épargne d’autres, alors elle n’est plus justice : elle devient arme au service du pouvoir.









