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Oligui en précampagne : paroles et actes en désaccord – où sont ses conseillers ?

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Le Président de la Transition insiste pour que les Gabonais votent massivement « oui » pour cette nouvelle Constitution, alors qu’il déclarait récemment que cette même Constitution ne devrait pas être « taillée » pour lui ou sa famille. Pourtant, cette déclaration semble en désaccord avec son comportement et ses paroles actuelles, plongeant les citoyens dans le scepticisme quant à la sincérité de ses intentions. En invitant les Gabonais à voter « oui » lors de ce référendum, Oligui Nguema entretient un lien bien plus personnel avec cette réforme qu’il ne le laisse paraître. Si cette Constitution n’est pas faite pour lui, pourquoi s’investit-il autant dans cette campagne en utilisant les moyens de l’État, allant jusqu’à orienter le choix des électeurs ?

Les contradictions du Président de Transition vont plus loin. En effet, Oligui Nguema semble déjà engagé dans une précampagne avant la date officielle de lancement pour le « oui », prenant ainsi de l’avance sur ses contradicteurs favorables au « non », auxquels son ministre de l’Intérieur a pourtant adressé des menaces de poursuites judiciaires s’ils devaient anticiper les délais. Voilà comment le président choisit de « restaurer » les institutions en cette période de transition : non pour rétablir le droit, l’honneur et la dignité de son peuple, mais pour asseoir son influence sur celui-ci. On peut légitimement se demander comment un président peut accumuler autant de maladresses, qui non seulement irritent son peuple, mais ternissent également son image, tant sur la scène nationale qu’internationale. Alors que quelques fervents partisans continuent de le soutenir, nombreux sont les Gabonais qui s’éloignent peu à peu de lui, perdant l’espoir d’un véritable changement. Certains vont même jusqu’à regretter l’époque d’Ali Bongo.

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Le Président de la Transition, le Général de Brigade Brice Clotaire Oligui Nguema à Gamba.

Cette intervention du Président soulève une autre question fondamentale : pourquoi un chef de transition s’immisce-t-il dans un projet qui, logiquement, devrait appartenir au peuple et à ses futurs dirigeants, lui-même ayant affirmé, lors de la prise de pouvoir, qu’il ne s’y mêlerait pas directement ? Dans une transition censée ouvrir la voie à une gouvernance plus démocratique, les conseillers du chef de l’État auraient dû lui recommander de garder une certaine distance, évitant de se positionner en acteur principal de ce processus. Une telle attitude donne l’impression que cette Constitution, malgré ses promesses de changement, pourrait ne servir que des intérêts personnels ou, pire encore, renforcer le pouvoir d’un seul homme, au détriment de l’intérêt général.

En adoptant une posture publique de neutralité tout en agissant en faveur d’un référendum qui semble le concerner intimement, Oligui Nguema semble jouer un double jeu. Les Gabonais, qui ont été longtemps témoins de manipulations politiques, perçoivent cette situation comme une tentative de les manipuler une fois de plus. Si un nouveau dirigeant venait à prendre la relève, et que la Constitution actuelle ne correspondait pas à sa vision, quels obstacles se présenteraient alors ? Le président actuel impose-t-il une Constitution qui servira d’outil pour lui seul, sans considération pour les dirigeants futurs ?

L’appel du Président à éviter l’abstention et à choisir le « oui » témoigne d’une volonté de faire passer cette Constitution sans véritable alternative ni débat. Pour beaucoup, il s’agit là d’une énième stratégie pour asseoir son pouvoir sous le couvert d’une transition démocratique. En demandant aux Gabonais d’accepter une Constitution qu’il promet être neutre, mais pour laquelle il se bat ardemment, Oligui Nguema ne fait qu’alimenter le scepticisme de ses concitoyens et renforce l’image d’un président davantage attaché à ses propres intérêts qu’à ceux du peuple.

Alors que le peuple gabonais attendait une transition honnête et une rupture avec les pratiques de l’ancien régime, il semble que l’histoire se répète. Les mots et les actes du Président de la Transition demeurent en décalage, et cette ambiguïté pourrait bien être le signe avant-coureur d’une autre désillusion pour le Gabon.

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