Le Gabon, terre de toutes les injustices sociales, assiste une fois de plus à une scandaleuse tentative de spoliation des travailleurs. L’affaire du Novotel Rapontchombo illustre parfaitement la volonté manifeste de certains puissants de piétiner les droits des employés au profit de leurs intérêts obscurs.
En 2006, le Novotel Rapontchombo a fermé ses portes sous prétexte de difficultés économiques. Ses employés, certains avec près de dix ans d’ancienneté et des salaires dépassant 250 000 francs CFA, ont été licenciés avec des indemnites misérables, ne dépassant parfois même pas 2 millions de francs CFA. Une humiliation totale, d’autant plus qu’on leur avait promis une réintégration une fois l’hôtel remis en activité.
Mais au lieu de rouvrir ses portes sous la même entité, l’établissement a été vendu. Un ancien employé témoigne : « Nous sommes les anciens employés du Novotel Rapontchombo licenciés abusivement le 1er octobre 2006. Face à cela, nous avons été informés par l’État que l’hôtel devait subir des réfections, vu que l’État en était le propriétaire. On fut tous licenciés avec la promesse que ceux qui n’auraient pas l’âge de la retraite au moment de la reprise des activités allaient retrouver leur poste. C’était une vraie arnaque.»
Pire encore, les employés, après avoir été floués une première fois, se sont accrochés à un nouvel espoir lorsque le cabinet OMVA, chargé de la liquidation de l’entreprise, les a convoqués pour recalculer leurs indemnites. Ils ont payé les frais de dossier, les documents ont été envoyés au tribunal pour validation… et depuis, silence radio.
Aujourd’hui, un scandale encore plus grand se profile : alors que les droits des employés n’ont toujours pas été réglés, le repreneur de l’immeuble a déjà entamé les travaux de réhabilitation ! Une insulte aux anciens salariés qui attendent justice. Peut-on vendre un établissement sans solder ses dettes sociales ? La réponse est non ! Mais au Gabon, où la justice penche souvent du côté des puissants, rien n’est moins sûr.
Un ancien employé rappelle : « Le 25 janvier 2024, une décision de justice a été prise par le tribunal autorisant les liquidateurs à vendre l’hôtel pour nous payer nos droits. Aujourd’hui, nous constatons que l’hôtel vendu est en pleine réfection. Nous sommes là pour interpeller les plus hautes autorités de la République afin que nos droits nous soient payés.»
Des noms d’une famille influente sont cités dans cette transaction douteuse, ce qui pourrait expliquer cette volonté de faire avancer les travaux dans le mépris le plus total des droits des travailleurs. Mais les anciens employés du Novotel Rapontchombo ne comptent pas se laisser faire. Résolus à obtenir ce qui leur revient de droit, ils exigent l’arrêt immédiat des travaux jusqu’au paiement intégral de leurs indemnités. Et s’il le faut, ils sont prêts à employer les méthodes fortes : sit-in, grèves de la faim, marches de protestation. Car au Gabon, pour se faire entendre, il faut forcément faire du bruit !
L’histoire du Novotel Rapontchombo est celle de trop ! Le gouvernement de transition, censé rompre avec les pratiques de l’ère Ali Bongo, doit impérativement prendre position. Laisser cette injustice perdurer, c’est prouver que rien n’a changé. Les anciens employés ne demandent pas l’aumône, mais ce qui leur est dû. Leur combat est légitime, et le peuple gabonais, solidaire, doit les soutenir !
