Libreville s’est réveillée, une fois de plus, dans l’horreur. Ce samedi 27 décembre 2025, au niveau de l’échangeur d’IAI, le corps sans vie et ensanglanté d’une jeune fille a été découvert, selon les informations relayées par plusieurs médias locaux. Une scène insoutenable. Une image de trop. Et surtout, un crime de plus dans une capitale désormais prisonnière de la peur.
Ce drame macabre n’est malheureusement pas un fait isolé. Depuis plusieurs jours, les découvertes de corps, les disparitions inquiétantes et les assassinats se multiplient à un rythme glaçant. La période de Noël, traditionnellement synonyme de joie, de partage et de famille, prend les allures d’un Halloween sanglant, où la mort rôde au détour des carrefours.
–Plus de cinq morts et disparitions en une seule semaine.
-Des enfants enlevés, assassinés, parfois jamais retrouvés.
-Des femmes retrouvées mortes, abandonnées comme de simples objets.

La psychose gagne du terrain. Les parents n’osent plus laisser sortir leurs enfants. Les familles vivent dans l’angoisse permanente. Libreville, moins de 1,5 million d’habitants, peut-elle accepter une telle spirale criminelle ? La question choque, mais elle s’impose : la capitale gabonaise est-elle en train de devenir l’une des villes les plus dangereuses d’Afrique ?
Pourtant, face à cette situation explosive, les réponses concrètes tardent à venir. Certes, selon notre confrère L’Union, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a récemment réuni à La Lopé, lors d’un séjour privé, plusieurs responsables clés de l’appareil sécuritaire ministres, responsables militaires et sécuritaires pour évoquer la défense nationale et la sécurité intérieure. Le chef de l’État y a réaffirmé que « la sécurité des enfants est une priorité absolue ».

Mais le peuple gabonais ne vit pas dans les salons feutrés de La Lopé.
Le peuple vit à IAI, à Nzeng-Ayong, à Akanda, à PK, là où l’on meurt, là où l’on disparaît, là où la peur s’installe.
Ce que les Gabonais dénoncent aujourd’hui avec colère, ce n’est pas l’absence de discours, mais l’absence d’actes forts.
–Aucun procès sérieux contre les véritables commanditaires.
–Aucun grand cerveau du crime présenté, jugé et condamné publiquement.
–Toujours les mêmes “petits kidnappeurs” exhibés à la télévision, pendant que les donneurs d’ordres, eux, restent invisibles, intouchables, protégés.
Dans la rue, une conviction gagne du terrain, lourde et dangereuse pour la cohésion nationale :
–si les commanditaires ne sont jamais jugés, c’est parce qu’ils seraient tapis dans les hautes sphères du pouvoir.
Cette perception, qu’elle soit fondée ou non, est un poison pour la République. Elle alimente la colère, la défiance et la fracture entre l’État et les citoyens.
Les Gabonais n’attendent pas des réunions stratégiques autour de croissants et de café chaud.
-Ils attendent des arrestations majeures.
-Ils attendent des procès publics et exemplaires.
-Ils attendent de voir les vrais responsables, les commanditaires, jugés et jetés en prison.
L’insécurité n’est plus une rumeur. Elle est devenue une réalité quotidienne, un traumatisme collectif, une urgence nationale. Chaque corps retrouvé est un échec. Chaque disparition non élucidée est une blessure ouverte.
Appel solennel aux autorités :
Il est temps d’agir, maintenant.
Il est temps de frapper haut et fort.
Il est temps de restaurer la peur dans le camp des criminels, et non dans celui des citoyens.
Car un État qui ne protège plus ses enfants, ses femmes et ses familles perd l’essence même de son autorité. Et un peuple poussé à bout finit toujours par crier l’insupportable.












