Le 15 avril 2026, Julien Nkoghe Bekale annonçait, avec une certaine solennité, avoir reçu à sa résidence son ancien collègue Alain Claude Bilie-By-Nze. Une rencontre présentée comme « fraternelle », consacrée à un échange de vues sur la situation nationale et conclue par la dédicace d’un ouvrage aux accents vertueux : « Pour une gouvernance exemplaire et de confiance ».
À première vue, l’image est soignée. Le discours, calibré. L’intention, presque louable.
Mais à y regarder de plus près, une question s’impose avec acuité : de quelle gouvernance exemplaire parlent-ils aujourd’hui, eux qui furent au cœur même du système décrié hier ?
Car il faut le rappeler sans détour : ces deux figures ont occupé les plus hautes responsabilités sous Ali Bongo Ondimba. Des années durant, ils ont été des rouages essentiels d’un appareil d’État dont les dérives, les lenteurs et les dysfonctionnements ont largement contribué à la situation actuelle du pays.

Et voilà que, soudainement, les anciens gestionnaires du système se découvrent une âme de réformateurs… voire de pédagogues.
Où était cette lucidité lorsqu’il fallait agir ?
Où était cette exigence de gouvernance exemplaire lorsque les décisions se prenaient et que les responsabilités s’exerçaient ?
Aujourd’hui, les discours remplacent les actes d’hier. Les livres tentent de corriger ce que l’exercice du pouvoir n’a pas su redresser.
Mais le temps a changé. Le pays aussi.
Le Gabon n’est plus à l’heure des déclarations élégantes ni des introspections tardives. D’autres ont pris des initiatives, engagé des actions, amorcé des ruptures et cela se voit, concrètement.
On ne redresse pas un pays avec des dédicaces. On le redresse avec des décisions.
Et sur ce terrain, les Gabonais jugeront, non pas les intentions, mais les bilans.





