À la Fonction publique, le temps des effectifs fantômes et des situations administratives douteuses semble toucher à sa fin. Sous l’impulsion du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, Laurence Ndong accélère le grand ménage.
Le couperet est tombé. Sur 1 762 dossiers examinés, la Commission exceptionnelle des litiges de la Fonction publique a décidé de 1 299 radiations. Une opération qui devrait permettre à l’État d’économiser près de 11 milliards de FCFA chaque année.
Dans le détail : 589 agents sont radiés avec maintien des droits à pension, 110 sans maintien de ces droits et 600 agents relevant de la main-d’œuvre non permanente sont également concernés. La commission a parallèlement prononcé 116 réhabilitations.
Derrière ces chiffres, c’est donc un sérieux coup de balai qui se prépare dans les effectifs de l’État.
Laurence Ndong, le bras administratif de la réforme
Depuis son arrivée à la tête du ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong s’inscrit dans la politique de réforme de l’administration impulsée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema : mieux connaître les effectifs, fiabiliser les fichiers, responsabiliser les gestionnaires et renforcer la discipline administrative.
Le chantier n’est pas limité aux radiations.
La ministre a notamment engagé le renforcement du pilotage de la gestion des ressources humaines, avec une responsabilisation accrue des Directeurs centraux des ressources humaines et une attention portée à l’éthique, à la déontologie et à la discipline administrative.
Autre chantier : le recensement de la main-d’œuvre non permanente, notamment pour distinguer les situations relevant réellement de la MONP de celles correspondant à des fonctions normalement dévolues aux agents publics permanents. Le gouvernement a également prévu, sur instruction du Chef de l’État, l’intégration de certains agents diplômés exerçant ces fonctions.
Laurence Ndong a également mis en place une feuille de route avec une matrice de suivi, destinée à rendre l’action du ministère plus coordonnée, mesurable et contrôlable.
Et le chantier touche désormais au Fichier unique de référence, utilisé depuis près de vingt ans pour la gestion des ressources humaines de l’État. Sa modernisation est présentée comme nécessaire pour améliorer la fiabilité et la célérité du traitement des carrières et des recrutements.
11 milliards par an : le ménage coûte cher… jusqu’à ce qu’il rapporte
Voilà donc le paradoxe de cette opération : faire le ménage dans les effectifs pourrait rapporter à l’État près de 11 milliards de FCFA chaque année.
Après les contrôles, place maintenant aux actes. Les administrations devront notifier les décisions aux agents concernés et mettre à jour leurs dossiers.
Reste à savoir si le balai ira jusqu’au bout de la maison administrative.
Car une réforme de l’État ne se mesure pas seulement au nombre de noms rayés d’un fichier. Elle se mesure aussi à la capacité de l’administration à empêcher que les mêmes anomalies ne réapparaissent demain.
Pour Laurence Ndong, le véritable défi est désormais là : transformer le nettoyage ponctuel en nouvelle culture de gestion de la Fonction publique.






