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Monsieur le Président, vous valez mieux que ça

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Les révélations récentes autour de la supposée rémunération de l’influenceur Nazih, à hauteur de 4 millions de francs CFA par mois, ont ébranlé l’opinion. Si ces informations se confirment, elles mettent en lumière une dérive inquiétante dans la stratégie de communication présidentielle, et surtout dans l’usage des fonds publics. Ces pratiques sont d’autant plus préoccupantes qu’elles surgissent au moment où la Cinquième République gabonaise entame un nouveau chapitre de son histoire, porté par l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema, fort d’un soutien massif exprimé par près de 95 % des électeurs.

Monsieur le Président, le peuple vous a donné une légitimité exceptionnelle. Cette confiance, largement exprimée dans les urnes, repose sur l’espérance d’un renouveau, d’un État plus juste, plus éthique, plus rigoureux. Vous avez déjà posé des actes forts dans le sens du redressement national : reprise en main des finances, volonté de moraliser la vie publique, restauration de l’autorité de l’État. Mais l’affaire Nazih et plus globalement le recours à des influenceurs controversés menace de ternir cette dynamique, en donnant l’image d’un pouvoir prêt à financer l’insulte plutôt que l’écoute.

À l’heure où les Gabonais attendent des réformes profondes, il est impératif que la communication présidentielle soit à la hauteur de votre mandat. Elle doit cesser d’être défensive ou agressive, pour devenir pédagogique, structurée et républicaine. Le recours à des cyber-mercenaires ou à des “activistes sponsorisés”, que ce soit localement ou dans la diaspora, nuit gravement à votre image et sape la crédibilité de l’État que vous incarnez.

Monsieur le Président, vous êtes désormais le garant des institutions de la Cinquième République. À ce titre, vous ne pouvez cautionner  même par silence l’usage de l’argent public à des fins de propagande haineuse ou de règlement de comptes numériques. Le peuple ne vous demande pas la perfection, mais de l’exemplarité, de la justice et de la cohérence.

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Aujourd’hui, vous avez encore la possibilité de corriger le tir : mettre fin à ces pratiques, s’entourer de professionnels de la communication institutionnelle, et centrer votre message sur les réformes, les résultats et la vérité. Ce serait le meilleur moyen de protéger votre légitimité, d’honorer votre mandat, et de démontrer que vous êtes bien l’homme du changement.

Car oui, Monsieur le Président, vous valez mieux que ça. Et le Gabon aussi.

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