Source : SOS Prisonniers Gabon
Un an. Déjà un an que des citoyens gabonais, arrachés à leurs familles et déportés à Makokou, croupissent dans l’angoisse sans procès, sans défense, sans droits.
Un an que la justice tourne le dos à ceux qu’elle doit protéger.
Un an que l’État regarde ailleurs.
Parmi eux, un cas symbolique : Marc Nicolas Ondo, arrêté sur la base d’une erreur d’identité dans l’affaire du conteneur de cocaïne d’Owendo. Une faute grave. Un scandale judiciaire. Et pourtant, aucune réparation.
On l’a enfermé sous une autre identité, comme si son existence pouvait disparaître d’un trait de plume.
Pendant ce temps…
Aucun juge ne s’est rendu à Makokou
Aucune audition n’a été menée
Aucun avocat ne peut travailler correctement
On invoque l’absence de budget pour justifier l’injustifiable
Mais pour des réceptions officielles, des voyages internationaux ou des SUV flambant neufs…
Là, l’argent coule à flots.
La dignité humaine ne peut plus attendre
Ces détenus ne sont pas des numéros.
Ils sont fils, frères, pères.
Ils ont des familles qui, chaque jour, supplient l’État de simplement respecter le droit.
Le droit à un avocat.
Le droit à un procès équitable.
Le droit à la présomption d’innocence.
Le droit à l’humanité.
Aujourd’hui, tous ces droits ont été piétinés.
SOS Prisonniers Gabon tire la sonnette d’alarme
Le 22 avril 2025, l’organisation a officiellement interpellé le Ministre de la Justice.
Elle demande :
Le rétablissement des visites familiales
L’accès réel des avocats
La reprise immédiate des procédures judiciaires
Réponse de l’État ?
Silence. Noir. Complet.
Monsieur le Président, l’heure n’est plus aux promesses
30 août 2023 : vous avez promis de restaurer la justice, l’équité, la dignité.
Ces paroles vibrent encore dans le cœur du peuple.
Mais les oubliés de Makokou, eux, ne voient aucun changement,
sauf le temps qui s’écoule…
comme une peine injuste qui ne dit pas son nom.
Vous êtes le garant des libertés.
Vous êtes le dernier recours.
Vous êtes le Commandant en Chef de la justice.
Alors, Monsieur Oligui Nguema :
Combien de temps encore l’État bafouera-t-il les innocents ?
Combien d’êtres humains faudra-t-il sacrifier à l’indifférence ?
Combien de cris faudra-t-il pour que le Palais écoute ?
Parce que l’Histoire observe,
et elle retiendra que, quelque part au Gabon,
un homme sans identité attendait que la justice se souvienne qu’il existait.












