Le Gabon vient de franchir une ligne rouge.
Dans une déclaration publique d’une violence verbale inouïe, Junior Xavier Ndong Ndong, se revendiquant membre du Conseil des rites et traditions, a tenu des propos qui choquent, inquiètent et interpellent profondément la conscience nationale.
Ce qui devait être, selon lui, une mise au point face à des accusations médiatiques s’est transformé en un discours de menaces, d’intimidation et d’appel à la peur, exposé sans retenue devant l’opinion publique.
Quand la parole publique devient une arme
Dès les premières minutes, Junior Xavier Ndong Ndong accuse journalistes, citoyens et acteurs supposés de l’ombre de comploter contre le Gabon. Il désigne des ennemis intérieurs, accuse des Gabonais d’utiliser de l’argent détourné pour saboter la transition, et pointe du doigt des pays étrangers présentés comme complices d’un plan de déstabilisation.
Aucune preuve. Aucun élément vérifiable.
Mais une certitude : la peur comme outil politique.
Journalistes menacés, liberté piétinée
Le moment le plus grave reste sans conteste la désignation nominative du journaliste Jonas Moulenda, présenté comme un « porte-parole de conspirateurs ».
Dans un pays qui se veut en transition vers plus de justice et de liberté, menacer publiquement un journaliste, exiger des excuses sous la menace et promettre des représailles physiques constitue une attaque frontale contre la liberté de la presse.
Plus inquiétant encore, Junior Xavier Ndong Ndong va jusqu’à déclarer, sans détour, qu’il « enverra au cimetière » toute personne qui continuerait à le critiquer. Il affirme agir, tuer, et « assumer ».
Ce ne sont plus des mots.
Ce sont des menaces de mort publiques.
Complotisme, stigmatisation et danger national
Accuser des pays voisins, évoquer des prêtres mystiques étrangers, des mercenaires, des jihadistes, et appeler implicitement au rejet des étrangers vivant au Gabon est une dérive extrêmement dangereuse. Ce type de discours alimente la xénophobie, fracture la société et peut conduire à des violences incontrôlables.
Le Gabon, déjà meurtri par l’insécurité, les enlèvements et la peur, n’a pas besoin de prophètes de malheur ni de discours incendiaires.
Qui parle au nom du Gabon ?
La question centrale demeure :
– Au nom de qui parle Junior Xavier Ndong Ndong?
– Avec quelle légitimité menace-t-il des citoyens et des journalistes ?
– Pourquoi un tel discours n’a-t-il suscité, jusqu’ici, aucune réaction officielle claire ?
Dans un État de droit, nul n’a le droit de se substituer à la justice, encore moins de promettre la mort à ceux qui s’expriment.
Le silence des autorités devient complice
Face à de telles déclarations, le silence n’est plus neutre. Il devient complice.
Si la 5émé république entend rompre avec les dérives du passé, elle ne peut tolérer que la violence verbale, l’intimidation et la menace deviennent des instruments ordinaires du débat public.
Le Gabon n’a pas besoin de gourous de la peur.
Il a besoin de lois respectées, de justice impartiale et de paroles responsables.
Avertissement à la nation
Aujourd’hui, c’est un journaliste qui est menacé.
Demain, ce pourrait être n’importe quel citoyen.
Quand la parole publique appelle à la mort, c’est la République qui est en danger.






