En 2021, un simple objet familial est vendu pour environ 98 400 FCFA par un couple de retraités franco-gabonais à un brocanteur. Six mois plus tard, le même masque fangue, relique sacrée du Gabon, est adjugé aux enchères pour plus de 2,6 milliards de FCFA. Une histoire qui scandalise et interroge sur le rôle du Gabon dans la protection de son patrimoine culturel.
Les octogénaires, floués et humiliés, ont vu la cour d’appel de Nîmes confirmer le jugement en première instance, déboutant leur requête pour la seconde fois. « Si nous avions su la vraie valeur de ce masque, jamais nous ne l’aurions vendu », dénoncent-ils. Un pourvoi en cassation est désormais envisagé.
Mais cette affaire dépasse le simple enjeu financier. Le masque fangue n’est pas qu’un objet d’art : il est cultuel, il rend la justice et relie les vivants à leurs ancêtres. Pour les Franco-Gabonais et le Gabon, c’est une véritable spoliation culturelle : certains Africains ne peuvent plus pratiquer leurs rites traditionnels car leurs reliquaires se trouvent hors de leur pays.
Pour comparaison, si un reliquaire des rois de France était découvert dans une cave privée, il serait immédiatement restitué. Pourquoi le Gabon devrait-il tolérer que ses trésors sacrés soient vendus comme des bibelots ?
Le Gabon a porté plainte pour réclamer la restitution du masque. Ce sujet pourrait être évoqué lors de la visite d’Emmanuel Macron à Libreville ce week-end. Les défenseurs du patrimoine africain insistent : ces objets ne se vendent pas, ne s’échangent pas, ils se respectent et se rendent à leur peuple légitime.
Rétrospective de l’affaire du Masque Fang
- 2021 : Vente du masque à un brocanteur pour environ 98 400 FCFA.
- Six mois plus tard : Revente aux enchères pour plus de 2,6 milliards de FCFA.
- 2022-2023 : Contestation judiciaire par les retraités.
- 2025 : Confirmation du jugement par la cour d’appel de Nîmes ; pourvoi en cassation envisagé.
- Aujourd’hui : L’affaire relance le débat sur la restitution des objets d’art africains et sur le rôle du Gabon dans la protection de son patrimoine.
Une affaire loin d’être close, mais qui rappelle brutalement que la justice financière ne vaut rien face à la spoliation culturelle et spirituelle.
