Le monde universitaire gabonais vient de recevoir une sacrée taloche symbolique. Maganga Moussavou, ancien vice-président sous Ali Bongo, n’a pas hésité à mettre Moulengui Boukosso au centre d’une sévère moquerie publique.
Dans une interview sans détour, il a rappelé leur parcours respectif pour dénoncer ce qu’il considère comme une injustice flagrante :
“Quand nous étions bambins, on l’appelait Moulvins. C’est mon aîné et moi j’allais en seconde, quand lui il allait en première année d’université. J’ai soutenu ma thèse de doctorat en 1980, quand lui, pendant ce temps-là, n’avait pas encore soutenu sa thèse et on devait attendre 1982 ou 1984 pour qu’il soutienne la thèse. Moulengui Boukosso, devenu ministre de l’enseignement supérieur, s’est fait faire un décret pour se nommer professeur d’université alors que les autres, c’était en fonction des concours qu’il fallait faire ou des publications qu’il fallait faire.”
Les mots sont crus, et la taloche symbolique de Maganga fait mal et amuse à la fois. Voilà un professeur propulsé par décret, sans concours, sans publication, tandis que d’autres se débattent pour gravir les échelons au mérite.
Cette mise en lumière révèle les failles d’un système académique où favoritisme et décrets remplacent travail et compétences. Dans un contexte où le Gabon a récemment subi zéro admis au CAMES sur 215 candidats, la taloche prend tout son sens : l’enseignement supérieur est sérieusement mis en question.
Maganga Moussavou ne critique pas seulement un homme : il épingle un système entier, où les titres peuvent se décrocher par décret plutôt que par effort et mérite. Le message est clair : la moquerie est publique, le scandale est éclatant, et la vérité dérange.
Pour les étudiants, enseignants et tous les acteurs du monde académique, la question est simple : comment rétablir le mérite et le sérieux dans un univers où le décret remplace le travail et le savoir ?
Le scandale est là. La taloche est donnée. Et le débat sur les dérives académiques gabonaises ne fait que commencer.
Inspiré des déclarations de Maganga Moussavou, ancien vice-président et observateur du système académique gabonais.











