Le 27 août dernier, à la veille de la Fête de la Libération, un drame a failli coûter la vie à Angélique Ngoma, Secrétaire générale du Parti démocratique gabonais (PDG). Victime d’un accident de la circulation, elle a bénéficié d’une prise en charge médicale rapide et exemplaire, grâce à la mobilisation des Forces de Défense et de Sécurité, des services de santé, et à l’implication personnelle du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Ce geste présidentiel, empreint d’humanisme, a été largement salué. En allant au chevet d’une responsable politique issue de l’ancien régime, le Chef de l’État a rappelé que la vie humaine ne connaît pas de clivage partisan. Mais une interrogation s’impose : pourquoi ce traitement d’exception demeure-t-il réservé aux élites, alors que tant de Gabonais anonymes, chaque jour, meurent dans l’indifférence ?
Les moyens existent. Le Gabon dispose d’aéronefs, d’unités médicales d’urgence et d’équipes compétentes. Pourtant, ils ne sont mobilisés qu’en cas d’accidents touchant des personnalités haut placées. Dans l’arrière-pays, combien de vies auraient pu être sauvées si les mêmes moyens avaient été déployés ? Combien de familles pleurent encore des proches perdus sur les routes, faute d’évacuation rapide ?

Ce souvenir réveille une blessure collective : à l’époque d’Ali Bongo, Madame Berre avait bénéficié d’une prise en charge similaire après un accident grave. Mais pendant ce temps, le peuple, lui, continuait de mourir sans assistance. Aujourd’hui, Oligui Nguema a l’opportunité historique de rompre avec ces vieilles habitudes.
L’acte posé envers Angélique Ngoma est louable. Mais il doit devenir une règle générale. Chaque Gabonais, qu’il soit ministre ou cultivateur, haut fonctionnaire ou commerçant, doit avoir droit au même secours en cas de détresse. C’est là que réside la vraie grandeur d’un État : dans la protection équitable de toutes les vies, sans distinction de rang ni de statut social.
En faisant de ce geste exceptionnel une norme nationale, Brice Clotaire Oligui Nguema poserait une pierre angulaire de la nouvelle République. Car une Nation forte ne se mesure pas à la qualité des soins réservés à ses élites, mais à la dignité accordée à chacun de ses citoyens.
Oligui Nguema a sauvé Angélique Ngoma. Le défi désormais est clair : que demain, chaque Gabonais bénéficie du même traitement.





