Libreville et ses environs vivent désormais au rythme de la peur. Depuis plusieurs semaines, une vague glaçante d’enlèvements secoue la capitale gabonaise, laissant derrière elle un climat d’angoisse permanente. Des enfants disparaissent. Certains sont retrouvés sans vie. D’autres, tout simplement, ne réapparaissent jamais. L’insécurité s’est installée durablement, comme une fatalité que plus personne ne semble capable d’endiguer.
Dans les quartiers, la colère monte. Les populations n’y croient plus. Plus confiance en la justice, accusée de laxisme, d’inaction et même de complicité passive. Plus confiance non plus dans des forces de sécurité perçues comme plus promptes à racketter les automobilistes aux carrefours qu’à traquer les criminels qui sèment la mort. Pendant que les citoyens vivent barricadés chez eux, les prédateurs, eux, semblent agir en toute liberté.
Et comme si l’horreur n’avait pas encore atteint son paroxysme, une nouvelle découverte macabre est venue, ce matin, raviver l’indignation et la peur. À Amissa, au Carrefour Chantal, dans la commune d’Akanda, le corps sans vie d’une femme a été retrouvé dans un terrain abandonné, envahi par de hautes herbes. Nue. Abandonnée. Gisant là comme un symbole brutal de l’effondrement sécuritaire.
Les circonstances de ce drame restent floues. Une enquête a été ouverte par les autorités afin de déterminer les causes exactes de la mort et d’identifier les auteurs. Mais sur le terrain, les questions sont plus nombreuses que les réponses. Qui est cette femme ? Comment a-t-elle trouvé la mort ? S’agit-il d’un acte isolé ou d’un épisode supplémentaire d’une spirale criminelle devenue incontrôlable ?
À Libreville, la peur change de camp… ou plutôt, elle ne quitte plus les rues. Les parents veillent, les voisins s’organisent, les rumeurs circulent plus vite que les communiqués officiels. Chaque terrain vague devient suspect. Chaque disparition fait trembler tout un quartier.
Pendant ce temps, le silence des autorités est assourdissant. Jusqu’à quand faudra-t-il compter les morts et les disparus avant une réponse ferme ? Jusqu’à quand la population devra-t-elle vivre avec la peur comme unique compagne ?
Nous y reviendrons avec plus d’éléments.









