À compter du lundi 17 novembre 2025, les députés fraîchement élus entreront officiellement en fonction et arboreront leurs écharpes.
Une question essentielle se pose alors : certains de ces députés doivent-ils, une fois installés, être rappelés au gouvernement, laissant ainsi leurs suppléants siéger à leur place au Parlement ?
Selon moi, la réponse est clairement non. Ce refus n’a rien de personnel. Il procède d’une exigence simple : la cohérence institutionnelle et la crédibilité de notre démocratie représentative.
Un député est élu pour porter la volonté populaire et représenter la Nation. Sa légitimité lui vient directement du peuple.
Un membre du gouvernement, quant à lui, agit par nomination du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement. Il appartient à l’exécutif.
Lorsqu’un député fraîchement élu abandonne son siège pour rejoindre le gouvernement, la représentation populaire s’en trouve affaiblie :
• Ce n’est plus l’élu titulaire qui siège, mais son suppléant ;
• Le suppléant n’a pas reçu le même mandat populaire ;
• Et pourra-t-il réellement interpeller, contrôler ou sanctionner politiquement son propre titulaire devenu ministre ?
Évidemment non. Le contrôle parlementaire devient alors une fiction.
Le Gabon aurait, dit-on, tourné une page le 30 août 2023. Cet événement, qualifié de « coup de libération », a mis en lumière les dérives d’un système où les contre-pouvoirs avaient été neutralisés par des pratiques institutionnelles malsaines. Le procès actuellement en cours, au regard des révélations, en constitue l’illustration parfaite… Nous y reviendrons.
Aujourd’hui, si nous voulons reconstruire un État responsable, nous ne pouvons plus reproduire ces ambiguïtés.
Le Parlement doit retrouver sa centralité, sa dignité, sa capacité de contrôle et son autorité morale.
Cela implique que ceux qui ont sollicité la confiance du peuple pour être députés assument pleinement leur rôle.
Le Gabon dispose de suffisamment de compétences pour que le Président n’ait pas besoin de rappeler au gouvernement des personnalités tout juste élues députés.
Nous ne manquons ni d’experts,
ni de techniciens,
ni de jeunes talents,
ni de femmes et d’hommes capables d’assumer des responsabilités ministérielles.
Laisser les députés siéger et nommer au gouvernement d’autres Gabonais compétents constituerait un choix de bonne gouvernance, un signe d’ouverture et un message clair à l’opinion :
« Chaque institution a son rôle, et nul ne doit les confondre. »
D’aucuns pourraient penser, à tort ou à raison, que la majorité de ces députés ont été élus par procuration ou, en tout cas, dans des conditions éloignées d’une compétition démocratique classique.
Mais quoi qu’il en soit, les électeurs ont voté pour des personnes, non pour des doublures.
Si ces personnes quittent leur siège dès leur installation, on crée une forme de tromperie démocratique : l’élu ne siège pas, et un suppléant dépourvu de légitimité directe occupe son fauteuil pendant cinq ans.
Ce type de pratique fragilise encore davantage la confiance des citoyens dans la démocratie.
Or, aujourd’hui, le Gabon a besoin exactement du contraire :
• Restaurer la confiance,
• Redonner du sens au vote,
• Réhabiliter la parole citoyenne.
Pour impulser un nouvel élan républicain, il est impératif que les députés élus siègent effectivement à l’Assemblée nationale, tandis que d’autres compétences nationales soient mobilisées pour le gouvernement.
Cette approche garantit la cohérence institutionnelle et préserve l’autorité morale du Parlement. Elle rétablit la confiance des citoyens, redonne du sens au vote et réhabilite la parole citoyenne.
En respectant la séparation des rôles entre législatif et exécutif, le Gabon affirme sa volonté de construire des institutions solides, crédibles et respectées. Le Président de la République, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, peut ainsi démontrer son engagement à rompre avec les pratiques qui, par le passé, ont affaibli le pays.

𝗚𝘂𝘆 𝗚𝗲𝘀𝗹𝘆𝗻 𝗘𝗠𝗔𝗡𝗘 𝗡𝗭𝗘
Secrétaire Général du Mouvement Osons Pour le Gabon
Ancien candidat aux élections législatives et locales d’août 2023
Ancien membre du Bureau du Conseil National de la Jeunesse du Gabon
Leader associatif et politique
Patriote












