La rumeur enfle au Gabon : Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo, détenus pour des crimes financiers et de nombreuses malversations, pourraient bientôt être libérés. Selon un journal international, cette libération aurait été négociée lors du dernier sommet de la Francophonie en France, sous l’impulsion du président ivoirien, Alassane Ouattara. Cette information, reprise par plusieurs médias gabonais, suscite un tollé au sein de la population gabonaise, profondément choquée par une telle perspective.
Pour de nombreux Gabonais, cette libération serait un affront intolérable, une trahison de la part de leur président, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui avait pourtant promis de rendre justice face aux crimes économiques du régime Bongo. Comment comprendre qu’un tel geste soit envisagé, surtout lorsque la lutte contre la corruption avait été érigée en pilier du gouvernement de transition ?
La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si Alassane Ouattara est réellement un exemple à suivre pour Brice Oligui Nguema. Peut-on faire confiance à celui dont le propre bilan politique est entaché de multiples scandales ?
Ouattara n’est pas sans reproches. Son ascension à la présidence en Côte d’Ivoire a été marquée par des élections contestées en 2010, où Laurent Gbagbo, alors président, a accusé Ouattara d’avoir volé les élections avec l’appui de la communauté internationale. Le conflit qui s’en est suivi a fait des milliers de morts. Comment un leader impliqué dans un tel bain de sang pourrait-il être une voix de sagesse dans une situation aussi délicate pour le Gabon ?
De plus, Ouattara est souvent critiqué pour la gestion de son propre pays. Il a emprisonné des milliers de personnes sans procès, créant un climat de peur et d’instabilité. Comment quelqu’un avec un tel bilan pourrait-il conseiller une solution juste pour le Gabon, où la stabilité repose sur la confiance du peuple envers ses dirigeants ?
Il est également important de souligner le rôle de la France dans cette affaire. Depuis des décennies, Paris exerce une influence majeure dans la politique gabonaise, souvent au détriment des intérêts de la population. Si Ouattara est effectivement intervenu en faveur de la libération de Sylvia et Noureddin Bongo, cela pourrait signaler un retour inquiétant à une politique où les élites sont protégées, tandis que le peuple est ignoré.
Alassane Ouattara, bien que président d’un pays francophone influent, a des intérêts alignés avec ceux de l’ancienne puissance coloniale, la France. Cela se reflète dans ses actions au sein de la Francophonie, où des négociations secrètes et des accords en coulisse semblent avoir plus de poids que la voix du peuple. Le Gabon ne peut se permettre de céder à de telles pressions, surtout à un moment où le pays tente de redéfinir son avenir loin de l’héritage corrupteur du clan Bongo.
Le président Oligui Nguema doit comprendre que céder à cette pression, si cette histoire est avérée, serait une erreur suicidaire. Les Gabonais n’accepteront pas que justice soit bafouée, surtout dans un pays où l’impunité a été la norme pendant si longtemps. Ouattara pourrait bien induire Oligui Nguema en erreur, car suivre son exemple reviendrait à sacrifier la confiance du peuple pour préserver les intérêts d’une élite déchue.
Brice Oligui Nguema doit se rappeler qu’il a été porté au pouvoir par la volonté populaire de mettre fin à des décennies de corruption et de népotisme. Suivre les conseils d’un leader comme Ouattara, dont le passé est jonché de polémiques, serait trahir cette promesse. Le Gabon ne peut se permettre un retour en arrière. Que la justice suive son cours, et que le peuple gabonais ne soit pas une fois de plus sacrifié sur l’autel des intérêts personnels et internationaux.





