La chronique publiée par Norbert Epandja au sujet de la sortie médiatique de la famille de Alain Claude Bilie-By-Nze se voulait une démonstration politique ferme. Elle se révèle finalement être un texte chargé d’approximations, de généralisations et d’interprétations orientées, qui fragilise davantage la crédibilité de son auteur que celle de sa cible.
Dès les premières lignes, le ton est donné : mépris, ironie et affirmation sans preuve. Le chroniqueur prétend interpréter le silence supposé du public comme une preuve d’impopularité de Bilie-By-Nze et de désintérêt national. Or, aucune donnée sérieuse, aucun sondage, aucun indicateur social ne vient étayer cette lecture. Il s’agit d’une construction subjective présentée comme une vérité collective, ce qui constitue une faiblesse méthodologique majeure.
Pire encore, Norbert Epandja tombe dans une généralisation excessive en parlant du « peuple gabonais » comme d’un bloc homogène ayant tourné la page d’un passé politique. Cette posture relève plus du slogan politique que de l’analyse. Une lecture sérieuse de la vie publique impose pourtant de distinguer opinions, sensibilités et réalités sociales diverses.
Sur le plan historique, la chronique multiplie également les approximations. L’affirmation selon laquelle les familles de détenus politiques comme Bertrand Zibi Abeghe, Jean Rémy Yama ou Frédéric Massavala Maboumba seraient restées silencieuses est factuellement contestable. De nombreux communiqués, prises de parole publiques et mobilisations ont bel et bien existé. Ignorer ces faits affaiblit la rigueur du propos.

Autre problème central : la confusion entre jugement politique et droit fondamental. La détention de Alain Claude Bilie-By-Nze est analysée sous l’angle de la popularité ou de l’impopularité, comme si la justice devait dépendre de l’opinion publique. Or, dans un État de droit, la question de la détention provisoire relève de procédures judiciaires et non d’un capital politique ou émotionnel.
Le texte de Norbert Epandja souffre également d’un excès de posture idéologique. Au lieu d’analyser les implications institutionnelles ou politiques de la situation, il s’enferme dans un discours de justification du pouvoir et de disqualification morale des adversaires. Cette approche réduit considérablement la portée intellectuelle de la chronique.
Plus inquiétant encore, ce type de discours dessert indirectement le camp politique qu’il prétend défendre, celui du président Brice Clotaire Oligui Nguema. En adoptant un ton excessif, en recourant à des raccourcis historiques et en attaquant sans nuance, le chroniqueur donne une image de partialité et d’amateurisme qui fragilise la crédibilité du débat public autour de la transition.
Enfin, une analyse politique sérieuse exige de la mesure, de la rigueur et de la nuance. Or ici, la chronique ressemble davantage à une prise de position militante qu’à une réflexion stratégique. À force de vouloir enfoncer Alain Claude Bilie-By-Nze, Norbert Epandja finit surtout par exposer les limites de son propre raisonnement et affaiblir la cohérence du discours qu’il défend.





