Depuis son retour au Gabon pour célébrer son mariage, Omar Denis Bongo Ondimba est au cœur d’une avalanche de commentaires. Pour une partie de l’opinion, chacun de ses gestes serait la preuve d’une ambition politique soigneusement dissimulée. Son mariage, ses rencontres et même les actions humanitaires qu’il mène sont analysés sous le seul prisme de la politique.
Mais une question mérite d’être posée : son véritable « crime » ne serait-il pas, tout simplement, d’être le fils d’Omar Bongo Ondimba ?
Car, à ce jour, Omar Denis Bongo Ondimba n’a fait aucune déclaration politique, n’a annoncé la création d’un mouvement, ni manifesté publiquement son intention de briguer une fonction élective. Pourtant, le simple fait de porter le nom Bongo semble suffire à alimenter toutes les spéculations.
Les faits, eux, sont beaucoup plus simples. Après avoir célébré son mariage coutumier auprès de la famille de sa défunte mère, il a choisi de célébrer son mariage civil auprès de la famille de son père. Une décision qui traduit avant tout le respect de ses deux héritages familiaux et la volonté d’associer les deux branches de sa famille à un événement majeur de sa vie.
Les actions sociales entreprises durant son séjour s’inscrivent dans la même logique. Elles peuvent être perçues comme un hommage à la mémoire de sa mère et comme un geste de solidarité envers ses compatriotes, sans qu’il soit nécessaire d’y voir une campagne politique déguisée.
Dans un pays où le nom Bongo reste profondément associé à plus de quatre décennies d’histoire, les sensibilités sont naturellement fortes. Mais la démocratie gagne à juger les citoyens sur leurs actes plutôt que sur leur patronyme. On ne peut condamner un homme pour des intentions qu’il n’a jamais exprimées.
Rien ne permet d’ailleurs d’affirmer que sa présence au Gabon se fait en opposition aux autorités actuelles. Au contraire, tout indique que son séjour se déroule dans un climat d’apaisement, preuve que les institutions savent faire la différence entre un événement privé et un engagement politique.
Le débat sur un éventuel avenir politique d’Omar Denis Bongo Ondimba viendra peut-être un jour. Mais ce jour n’est pas encore arrivé. En attendant, transformer un mariage en campagne électorale et un hommage familial en stratégie de conquête du pouvoir relève davantage de l’imagination que des faits.
La meilleure manière de faire vivre la démocratie est de laisser chacun être jugé sur ce qu’il fait, et non sur le nom qu’il porte.





