Les menaces d’Edgar Moukoumbi, alias « Le Bousilleur », contre les nuisances sonores, la dépravation des mœurs et la criminalité sont saluées par de nombreux Gabonais. Et pour cause : nos populations aspirent à vivre dans un environnement paisible, sécurisé et respectueux des lois.
Mais une question mérite également d’être posée : que fait-on des marabouts venus de l’étranger qui s’installent au Gabon et dont les pratiques, parfois présentées comme des traditions mystiques, suscitent des interrogations ?
Voilà qu’un marabout venu d’Afrique de l’Ouest fait actuellement l’objet de publicité sur les réseaux sociaux. Pour attirer l’attention, ses promoteurs diffusent même des vidéos de ses calebasses, comme pour mettre en scène la puissance de ses pratiques.
Mais au-delà de cette publicité, plusieurs questions se posent.
Qui l’a fait venir au Gabon ? Dans quel but ? Qui organise sa promotion et quels intérêts se cachent derrière cette campagne médiatique ?
Et surtout, quelles sont les activités réellement exercées derrière ces images soigneusement diffusées sur les réseaux sociaux ?
Nous ne pouvons pas condamner certaines pratiques au nom de l’ordre public tout en fermant les yeux sur d’autres activités qui mériteraient, elles aussi, d’être examinées dans le respect de la loi.
Soyons clairs : il ne s’agit pas de stigmatiser les ressortissants d’Afrique de l’Ouest, ni de condamner indistinctement les pratiques traditionnelles ou spirituelles. Il s’agit de rappeler que personne ne doit être au-dessus des lois, quelle que soit sa nationalité, sa réputation ou la puissance mystique qu’il prétend détenir.
Les Gabonais ont le droit de savoir si les activités exercées sur leur territoire respectent la législation en vigueur. Toute suspicion de violence, d’exploitation, de fraude ou de sacrifice humain doit faire l’objet d’une enquête sérieuse et de preuves, plutôt que de simples rumeurs.
Ce qui interpelle également, c’est l’assurance avec laquelle cet homme semble se présenter dans les médias, notamment à la télévision. Que cherche-t-il à démontrer ? Sur quoi repose cette confiance affichée ? Et qui lui offre cette visibilité ?
Si les autorités veulent véritablement lutter contre les dérives, elles doivent le faire partout, sans favoritisme, sans discrimination et sans deux poids, deux mesures.
Monsieur le ministre de l’Intérieur, après les nuisances sonores et les contrôles annoncés dans certains lieux de culte, la vigilance des autorités ne devrait-elle pas aussi porter sur toute activité suspecte susceptible de mettre en danger les citoyens ?
Car la véritable question n’est pas de savoir qui possède les calebasses les plus impressionnantes ou qui prétend détenir les pouvoirs les plus extraordinaires.
La véritable question est simple : qui contrôle ces activités, qui en répond et qui protège les populations ?
Le Gabon n’est la propriété de personne. Quiconque choisit d’y exercer une activité doit respecter ses lois, ses citoyens et son ordre public.
Monsieur le « Bousilleur », si vous devez bousiller quelque chose, commencez par les abus, l’impunité et toutes les pratiques illégales, d’où qu’elles viennent !






