Dans sa prise de position, Jonathan Ndoutoume Ngome rappelle d’abord un principe qu’il estime fondamental : « la justice est rendue au nom du peuple et la voix du peuple est la voix de Dieu ». À travers cette formule, il souligne que toute décision judiciaire doit tenir compte de la perception sociale et politique qu’elle suscite.
Dans l’affaire impliquant Alain Claude Billie By Nze, il observe qu’« une bonne partie de l’opinion nationale et au-delà semble désapprouver les chefs d’accusation et la procédure ». Pour lui, cette fracture entre décision judiciaire et perception publique crée un risque d’instabilité de lecture du dossier.
Il s’appuie également sur l’argument selon lequel « plusieurs juristes et certains membres du corps judiciaire ont fait la démonstration que les chefs d’accusation ne tiennent pas aux yeux du droit », ce qui, selon lui, alimente les interrogations sur la solidité juridique du dossier.
Dans cette logique, il estime que le maintien en détention, malgré ces contestations, pourrait renforcer l’idée d’un procès à dimension politique. Il rappelle d’ailleurs une idée attribuée à Abdoulaye Wade selon laquelle « un procès aux relents politiques ne se gagne pas auprès des juridictions, mais auprès de l’opinion ».

C’est dans ce contexte qu’il met en garde contre les conséquences possibles sur l’image de l’État et du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon lui, une telle affaire, mal perçue, pourrait devenir « encombrante pour le gouvernement » et nuire à la crédibilité internationale du Gabon.
Ainsi, sa conclusion s’inscrit dans une logique de prudence politique : éviter que cette affaire ne soit interprétée comme une crise institutionnelle ou une instrumentalisation judiciaire, et privilégier une lecture qui protège à la fois la stabilité nationale et l’image extérieure du pays.





