Alors que la campagne législative et locale bat son plein, certains jeunes candidats gabonais montrent une préparation déplorable. Slogans creux, projets flous et improvisation permanente : au lieu de porter le renouveau, ils jettent l’opprobre sur toute une génération. Le Gabon mérite mieux.
La campagne législative et locale en cours au Gabon devait être l’occasion pour la jeunesse de prouver qu’elle est prête à assumer pleinement des responsabilités politiques. Malheureusement, sur les plateaux télévisés, dans les débats publics ou lors d’interviews, de nombreux jeunes candidats, notamment indépendants, accumulent maladresses et imprécisions.
Langage approximatif, propos confus, incapacité à défendre des projets élémentaires : au lieu d’incarner l’audace et le renouveau, certains donnent l’impression de découvrir la politique sur le tas. Et ce spectacle d’amateurisme ne ternit pas seulement leur image : il discrédite toute une génération.
Dans un pays où la jeunesse peine déjà à s’imposer dans les sphères de décision, cette situation offre un argument aux sceptiques qui clament que « les jeunes ne sont pas prêts ». Les candidats censés ouvrir la voie se contentent de slogans vides, de promesses irréalisables ou d’attaques sans fondement, contribuant à la caricature d’une jeunesse inapte à gouverner.


Ci-dessus, deux jeunes candidats aux élections locales et législatives : à gauche, Haresse KENGUE, candidate pour le 6ᵉ arrondissement de Libreville aux élections locales ; à droite, Jean Gabriel YENO TCHANGO, candidat pour le 5ᵉ arrondissement de Libreville, 1ᵉʳ siège.
La politique n’est pas une scène d’improvisation. Elle exige rigueur, discipline et préparation. On n’y entre pas les mains vides, mais armé d’un programme, d’une méthode et d’une vision. L’élu doit convaincre par sa capacité à expliquer, chiffrer, planifier. Sans cela, il ne fait que discréditer l’institution qu’il aspire à rejoindre.
Les partis politiques ont leur part de responsabilité : laisser défiler des candidats sans préparation ni encadrement sacrifierait la crédibilité du débat national. Former, coacher, exiger : c’est le seul moyen de permettre à la jeunesse d’incarner réellement le renouveau politique.
À force d’amateurisme, c’est toute la jeunesse gabonaise qui en paie le prix. Le message envoyé au pays comme à l’international est inquiétant : une génération qui revendique des places, mais qui, une fois sous les projecteurs, ne sait pas quoi en faire.
Le Gabon post-transition ne peut pas se permettre de confier son avenir à des improvisateurs. Le mandat n’est pas un trophée : il est une responsabilité. Et l’exigence n’est pas une contrainte : elle est la condition même de la crédibilité de ceux qui osent représenter la jeunesse.
Par Guy Geslyn Emane Nze
Ancien candidat aux élections législatives et locales d’août 2023
Ancien membre du Bureau du Conseil National de la Jeunesse du Gabon
Secrétaire Général du Mouvement Osons Pour le Gabon
Leader associatif et politique
Patriote













