L’initiative se voulait hautement symbolique, presque historique. À l’occasion de l’inauguration du Palais de la Démocratie, les autorités ont ouvert les portes à une partie de la diaspora gabonaise, y compris à certaines figures critiques du pouvoir. Une démarche présentée comme un geste d’apaisement et de dialogue national. Mais cette ouverture ne fait pas l’unanimité.
Parmi les personnalités invitées, Johnas Moulenda, activiste gabonais en exil, a rapidement fait connaître sa position. Contacté par notre rédaction, il a décliné l’invitation sans ambiguïté.
« Je ne viendrai pas », affirme-t-il d’emblée.
Derrière ce refus, se dessine un mélange de prudence politique et de défiance assumée. S’il dit ne pas renoncer à l’idée d’un retour au pays, il estime que les conditions actuelles ne permettent pas un tel déplacement en toute sécurité.

« Mon vœu le plus cher est de rentrer au Gabon. Mais ceux qui ont conseillé cette invitation n’ont pas mesuré les implications réelles d’un tel déplacement », explique-t-il.
La principale inquiétude de l’activiste reste la question sécuritaire. Il affirme ne disposer d’aucune garantie formelle quant à sa protection en cas de retour.
« On parle de dialogue, mais quelles assurances concrètes avons-nous ? Qui peut garantir notre sécurité une fois sur place ? »
À cela s’ajoute une contrainte juridique majeure : son statut de réfugié politique en France. Un retour au Gabon pourrait entraîner la perte automatique de cette protection.
« Je bénéficie d’un statut qui m’interdit de me rendre dans mon propre pays. Si je prends ce risque, je perds cette protection », souligne-t-il.
Dans ce contexte, Johnas Moulenda considère cette invitation comme une initiative politiquement mal encadrée, davantage symbolique que sécurisée. Il parle même d’un « piège à hauts risques ».
Ce refus met en lumière les tensions persistantes entre les autorités et une partie de la diaspora critique. Alors que l’inauguration du Palais de la Démocratie est censée incarner un nouveau cycle politique, l’épisode révèle les fragilités d’un dialogue encore loin d’être consolidé.
Une interrogation demeure : la réconciliation nationale peut-elle être crédible sans garanties concrètes pour ceux qui vivent encore en exil ?






