La scène se voulait festive, célébrant la richesse des musiques africaines. Mais au FEMUA 18, c’est une tout autre image du Gabon qui s’est imposée : brutale, gênante, presque humiliante.
En plein direct, sur un plateau ivoirien, un animateur lâche une phrase qui va tout faire basculer :
« Un FEMUA sans Koba Building, c’est grave ».
Dans la foulée, il fait diffuser un titre de l’artiste, puis pose la question qui dérange : « Qui a retiré son nom ? »
En quelques secondes, le malaise s’installe. Les regards fuient, les réponses hésitent. Car derrière cette interpellation se cache une réalité bien connue, mais rarement exposée avec autant de frontalité : le favoritisme qui gangrène la scène culturelle gabonaise.

L’absence de Koba Building ne passe pas. Artiste populaire, incarnation d’une nouvelle génération, il symbolise un talent que beaucoup estiment injustement écarté. Dès lors, le soupçon devient accusation : au Gabon, le mérite ne suffit plus.
Sur les réseaux sociaux, la séquence agit comme un électrochoc. Colère, indignation, dénonciations. Ce que beaucoup murmuraient jusque-là est désormais exposé au grand jour : sélection opaque, réseaux d’influence, décisions verrouillées.
Mais l’affaire dépasse la simple polémique artistique. Elle touche à l’image même du pays. Voir une délégation nationale publiquement questionnée, fragilisée, presque tournée en dérision, constitue un revers majeur pour la crédibilité culturelle du Gabon.
Ironie du sort, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, vitrine du talent africain, s’est transformé en caisse de résonance des dysfonctionnements internes gabonais.


Ci-dessus, la délégation des artistes gabonais sur le plateau de la RTI
Désormais, une question s’impose : qui décide, et selon quels critères ? Face à une opinion de plus en plus exigeante, le silence des autorités culturelles pourrait être interprété comme une validation implicite de pratiques contestées.
Une chose est sûre : cette séquence marque un tournant. Celui où les non-dits explosent, où les arrangements de l’ombre se retrouvent exposés en pleine lumière.
Au FEMUA 18, la musique était censée unir. Mais ce sont, au final, les absences qui ont parlé le plus fort.





