Le retour de Lanlaire au Gabon n’est pas passé inaperçu. Celui qui, il y a peu encore, multipliait les attaques virulentes contre le pouvoir en place et contre le président Brice Clotaire Oligui Nguema, annonce aujourd’hui son arrivée au pays dans un tout autre registre : celui de la reconnaissance et des remerciements officiels.
Invité par les autorités, il affirme rentrer “chez lui” après plusieurs années d’absence, et remercie publiquement le chef de l’État pour cette invitation liée à une cérémonie officielle. Mais ce changement de ton brutal contraste violemment avec ses anciennes prises de position, où il s’était illustré par des discours offensifs et des appels répétés à la contestation, alimentant un climat de tension autour du pouvoir.
Le plus provocateur reste sans doute la manière dont il balaye désormais les critiques en affirmant que cela “ Que ceux qui critiquent parlent : cela ne me concerne pas”, tout en revenant sur la scène publique gabonaise dans un contexte institutionnel. Une posture qui donne l’impression d’un revirement total, presque théâtral, entre l’activisme frontal d’hier et la proximité affichée d’aujourd’hui.
Ce retour, présenté comme une réconciliation ou une reconnaissance, est perçu par certains comme une forme de provocation envers les Gabonais qu’il avait longtemps galvanisés dans un discours de rupture. Car la rapidité du changement interroge : comment celui qui appelait à la révolte devient-il soudain un invité officiel, sans explication claire sur ce virage ?
Au final, cette séquence laisse une impression trouble, celle d’un activisme fluctuant où les positions semblent s’adapter aux circonstances. Entre indignation d’hier et remerciements d’aujourd’hui, Lanlaire expose surtout une contradiction qui alimente autant la polémique que le scepticisme.





