Le dossier d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé prend désormais une tournure internationale. Selon notre confrère Gabonactu.com, la détention de l’ancien chef du gouvernement gabonais, principal adversaire du pouvoir lors de la présidentielle d’avril 2025, vient d’être portée au cœur même de l’Assemblée nationale française.
À Paris, le député écologiste et socialiste Jean-Louis Roumégas a publiquement interpellé le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères sur ce qu’il considère comme une grave dérive autoritaire du pouvoir gabonais. Une sortie politique qui embarrasse désormais l’Hexagone, accusé de fermer les yeux sur la situation des libertés publiques au Gabon.
D’après les informations rapportées par notre confrère Gabonactu.com, l’élu français estime que la détention préventive d’Alain-Claude Bilie-By-Nzé repose sur des bases juridiques contestables, dans une affaire remontant à près de deux décennies. Plus troublant encore, les syndicats gabonais de magistrats et de greffiers auraient eux-mêmes exprimé des réserves sur cette procédure, un fait rarissime dans un dossier aussi sensible politiquement.
Pour le député français, cette affaire dépasse largement le simple cadre judiciaire. Elle serait révélatrice d’un climat politique de plus en plus verrouillé depuis le coup d’État d’août 2023. Toujours selon Gabonactu.com, Jean-Louis Roumégas accuse les autorités gabonaises d’avoir progressivement remplacé les promesses de transition démocratique par une gouvernance marquée par la répression, les restrictions des libertés et la marginalisation des voix dissidentes.
Mais le point le plus explosif de cette intervention concerne la France elle-même. L’élu de l’Hérault critique ouvertement Paris pour son attitude jugée ambiguë vis-à-vis de Brice Clotaire Oligui Nguema. Selon lui, le fait d’avoir récemment accueilli officiellement les autorités gabonaises constituerait un signal politique extrêmement mal perçu, au moment même où des accusations de détentions arbitraires et d’atteintes aux droits fondamentaux se multiplient.
Notre confrère Gabonactu.com rapporte également que le député français évoque un contexte social particulièrement tendu au Gabon : restrictions présumées des libertés publiques, tensions sociales persistantes, vie chère, difficultés d’accès aux services essentiels, sans oublier les controverses autour des îles Mbanié, Cocotiers et Conga ainsi que les débats suscités par le nouveau Code de la nationalité.
Dans son intervention, Jean-Louis Roumégas appelle le gouvernement français à « ne pas devenir complice par son silence ». Une déclaration qui risque de raviver le débat sur les relations entre Paris et Libreville, à un moment où la transition gabonaise cherche encore à convaincre sur sa crédibilité démocratique.
Cette prise de position d’un parlementaire français marque une nouvelle étape dans l’internationalisation du dossier Bilie-By-Nzé. Et selon plusieurs observateurs relayés par Gabonactu.com, la pression diplomatique autour des autorités gabonaises pourrait désormais s’intensifier dans les prochaines semaines.





