Il y a des professeurs qui éclairent les esprits, et d’autres qui, hélas, préfèrent les incendier. Franck Idiata, jadis considéré comme une figure respectable de l’intelligentsia gabonaise, vient d’entrer dans la seconde catégorie. Dans un audio devenu viral, l’homme s’est livré à une séance de pyromanie verbale enflammée contre le général Mouélé Mouélé. L’universitaire, qui devrait manier la rigueur académique, a préféré manier l’insulte, traitant son « petit-fils » autoproclamé de « pauvre type » affamé de pouvoir, tout en exhibant son carnet de dons comme un boutiquier : un costume par-ci, quelques bouteilles de champagne par-là, autant de trophées balancés pour rabaisser l’autre.
Mais en croyant brûler l’image d’un général de la République, c’est surtout lui-même qu’Idiata a carbonisé. Car il est pathétique de voir un intellectuel, censé incarner la dignité et la hauteur, se transformer en commère de quartier, étalant sur la place publique des anecdotes privées comme s’il s’agissait de secrets d’État. Le professeur en toge s’est mué en concierge mal inspiré, et la scène aurait pu prêter à rire si elle n’était pas si lamentable.




Ci-dessus, images de la réconciliation
Le meilleur, c’est la suite : moins d’une semaine après avoir craché son feu, voici notre grand professeur en train de jouer les pompiers maladroits dans une vidéo d’excuses publiques. L’homme qui tonnait hier avec arrogance est apparu penaud, presque suppliant, implorant le pardon de celui qu’il avait humilié. Un pyromane devenu pompier, mais avec un seau percé. Car les flammes qu’il a allumées sur les réseaux sociaux ne s’éteignent pas avec de simples larmes de crocodile.
Ce triste épisode nous rappelle une leçon que le professeur aurait dû enseigner plutôt que d’apprendre à ses dépens : les réseaux sociaux ne pardonnent rien et retiennent tout. Le mal est fait, et les excuses, même sincères, n’effaceront jamais la puanteur laissée par l’incendie. Au final, Franck Idiata n’aura pas tant ridiculisé le général Mouélé Mouélé que lui-même. Il voulait rabaisser un soldat ; il a creusé sa propre fosse. Un intellectuel en cendres, voilà ce qu’il reste d’un professeur qui, en allumant le feu, a fini par se consumer dans ses propres flammes.









