1 765 dossiers examinés, 1 473 radiations, 292 réhabilitations ou mesures disciplinaires et plus de 11 milliards de FCFA d’impact financier. La ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, Laurence Ndong, a détaillé ce mardi les résultats de la Commission d’Examen des Dossiers Litigieux issus du recensement des agents publics.
L’opération, menée dans 37 ministères et institutions, s’inscrit dans la volonté affichée des autorités d’assainir les effectifs, le fichier solde et la gestion des ressources humaines de l’État.
ABANDONS DE POSTE, RETRAITES, DÉCÈS…
Sur les 1 765 situations étudiées, 1 473 ont fait l’objet d’une radiation, soit 83,45 %. Parmi elles figurent 699 cas d’abandon de poste avec ou sans maintien des droits à pension, mais aussi des situations liées au présalaire, à d’anciens membres de cabinets, aux retraites, aux ruptures de contrats et aux décès.
Les 603 agents de la main-d’œuvre non permanente déjà traités par la Task-Force sont également comptabilisés dans les radiations.
Mais l’opération ne s’est pas limitée aux sanctions. 115 agents ont été réhabilités avec sanctions, notamment à travers des blâmes et avertissements, tandis que 177 autres ont bénéficié de mesures de réhabilitation ou de régularisation sans sanction.
L’ÉDUCATION NATIONALE EN TÊTE
La cartographie révèle que trois départements concentrent 62 % des situations examinées.
L’Éducation nationale arrive en tête avec 384 dossiers, dont 269 abandons de poste. Elle est suivie par la Santé avec 222 situations, dont 158 abandons de poste, puis l’Économie et les Finances avec 111 dossiers.





PLUS DE 11 MILLIARDS DE FCFA EN JEU
L’autre dimension de l’opération est financière.
Selon les chiffres présentés par la ministre, 1,905 milliard de FCFA de BDC sont à reverser aux caisses de l’État. À cela s’ajoutent 9,413 milliards de FCFA de salaires suspendus entre février 2025 et juin 2026.
Au total, l’impact financier est évalué à 11,319 milliards de FCFA, le Conseil des ministres retenant une économie estimée à près de 11 milliards de FCFA.
LE PROBLÈME NE SERAIT PAS QUE DANS LE FICHIER
Pour Laurence Ndong, l’examen des dossiers a surtout mis en lumière des dysfonctionnements plus profonds : absences répétées tolérées, abandon de poste rarement sanctionné après trois mois, actes antidatés, signatures hors compétence, recrutements sans visa des directions des ressources humaines et attestations de complaisance.
Le ministère pointe également des insuffisances dans les circuits de décision et certaines pratiques managériales.
La Commission recommande donc de renforcer les contrôles, les inspections générales, les structures de proximité et les compétences managériales, avec des enquêtes administratives approfondies lorsque cela est nécessaire.
Le message de Laurence Ndong est clair : l’opération ne serait qu’une étape d’un chantier plus vaste de modernisation de la Fonction publique. Après l’assainissement du fichier, le gouvernement entend poursuivre la réforme afin de restaurer la rigueur administrative, maîtriser la masse salariale et améliorer la gestion des agents publics.






