À quelques jours d’un rendez-vous censé redonner un cap au football national, une onde de choc secoue la Fédération Gabonaise de Football. Un recours en annulation du processus électoral vient d’être introduit devant la Commission de recours électoral, remettant en cause l’ensemble du mécanisme conduisant à l’élection du Bureau fédéral prévue le 18 avril 2026.
- Un recours qui vise l’ensemble du système
- Un Congrès contesté au cœur de la procédure
- Des règles électorales accusées d’avoir été orientées
- Des organes électoraux dont la légitimité est contestée
- Un risque d’annulation totale du processus
- Une décision sous haute tension
- Une crédibilité institutionnelle en question
Ce recours a été officiellement introduit par la Coalition pour une élection transparente et digne des statuts de la FEGAFOOT, qui estime que le processus en cours serait entaché d’irrégularités graves, cumulées et incompatibles avec les textes fondamentaux de l’institution.

Un recours qui vise l’ensemble du système
Contrairement aux contestations électorales classiques, cette action ne vise ni un candidat ni un simple aspect de la procédure. Elle attaque directement la validité globale du processus électoral.
La Coalition à l’origine de la saisine ne réclame ni ajustement ni révision partielle, mais une mesure radicale : l’annulation pure et simple du processus électoral.
Selon ses auteurs, les violations constatées seraient si nombreuses et si structurées qu’elles empêcheraient toute légitimité du scrutin à venir.
Un Congrès contesté au cœur de la procédure
Le point central du recours concerne le Congrès ordinaire du 29 juin 2025, considéré comme l’acte fondateur du processus électoral actuel.
Ce Congrès est contesté pour avoir été tenu hors des délais prévus par les statuts. Une irrégularité qui, selon la Coalition, suffit à fragiliser juridiquement toutes les décisions qui en découlent.
À cela s’ajoutent des critiques sur les modalités de vote. Le recours affirme que certaines décisions importantes, notamment la mise en place des organes électoraux, auraient été prises à main levée, en violation du principe du vote à bulletin secret. Une pratique qui soulève des interrogations sur la sincérité et la liberté du vote.
Des règles électorales accusées d’avoir été orientées
Le recours s’attaque également aux statuts adoptés en 2025. Ceux-ci sont contestés tant sur la forme que sur le fond.
Sur la forme, ils auraient été adoptés sans respecter la procédure obligatoire en deux étapes prévue par les textes. Sur le fond, ils introduiraient des mécanismes jugés sensibles, notamment le système de parrainage et la reconfiguration du corps électoral.
Ces dispositions sont perçues par la Coalition comme des outils susceptibles d’influencer l’équilibre électoral, en conditionnant l’accès à la candidature et en modifiant la structure du vote à la veille du scrutin.
Des organes électoraux dont la légitimité est contestée
Le recours met également en cause la régularité des organes chargés de superviser le processus électoral.
Il souligne des contradictions entre les différents textes applicables, notamment sur le mode de désignation des membres des commissions électorales et de recours. Ces incohérences fragiliseraient, selon la Coalition, la base juridique de ces organes.
La Commission de recours électoral elle-même est concernée par ces critiques, sa constitution étant jugée irrégulière au regard des exigences statutaires de simultanéité et de procédure.
Un risque d’annulation totale du processus
Les conséquences potentielles de ce recours sont considérables.
Si les arguments avancés étaient retenus, les statuts de 2025 pourraient être déclarés nuls, entraînant un retour automatique aux statuts de 2013. Ce basculement aurait pour effet de remettre à zéro plusieurs mécanismes introduits récemment dans le processus électoral.
Au-delà du cadre national, une telle situation pourrait attirer l’attention des instances internationales, notamment la FIFA, déjà habituée à intervenir en cas de crise institutionnelle dans certaines fédérations membres.
Une décision sous haute tension
La Commission de recours électoral se retrouve désormais face à une décision lourde de conséquences : valider le processus en l’état ou en prononcer l’annulation.
Dans un cas, elle confirme la continuité du processus électoral. Dans l’autre, elle ouvre une crise institutionnelle majeure.
À l’approche du 18 avril 2026, le climat autour de la FEGAFOOT apparaît de plus en plus tendu, et l’issue du scrutin incertaine.
Une crédibilité institutionnelle en question
Au-delà du seul enjeu électoral, c’est la crédibilité globale de la FEGAFOOT qui est désormais au centre des débats.
Le traitement de ce recours sera déterminant pour l’image de l’institution, tant au niveau national qu’international.
Dans ce contexte, une question s’impose : le football gabonais est-il encore en mesure d’organiser une élection incontestable, ou entre-t-il dans une nouvelle phase de crise institutionnelle prolongée ?






