Enseignant, syndicaliste, écrivain, pilier de la société civile et sénateur de la Transition, Ebang Ondo Jean Elvis est, au regard des résultats positifs de ses travaux après deux décennies de lutte sur le terrain, l’un des Gabonais les plus utiles à la bonne organisation de notre pays.
De nature humble et très travailleur, il est de ces hommes qui prennent le temps d’écouter avant d’agir. Nous avons longuement observé et suivi ses nombreuses activités afin de mieux comprendre son engagement exceptionnel. Et à l’aube de la fin de la législature du Sénat de la Transition, où il occupe depuis novembre 2023 le poste de Premier vice-président de la Commission des lois, des affaires administratives et des droits de l’Homme, nous avons décidé de consacrer un article à ce baroudeur infatigable, fils d’Abang-Si, village du département du Ntem dans la province du Woleu-Ntem.
Une formation solide au service du Gabon
Les compétences d’Ebang Ondo ne sont plus à démontrer. Il est titulaire du Certificat d’aptitude aux fonctions d’Inspecteur de l’enseignement élémentaire obtenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2000.
De retour au Gabon, il enseigne à l’École Normale des Instituteurs (ENI) de Libreville jusqu’en 2020. Parallèlement, entre 2008 et 2010, il devient formateur en genre et droits de l’Homme au Centre pour les droits de l’Homme et de la démocratie en Afrique Centrale du CNUDH à Yaoundé.
Une carrière riche en savoirs, qui nourrit son engagement citoyen et professionnel.
Le syndicaliste qui refuse l’injustice
Convaincu que l’amélioration du système éducatif passe par la défense des formateurs, il crée le Syndicat gabonais des enseignants formateurs (SYGEF) regroupant les ENI de Libreville et Franceville, ainsi que des écoles catholiques et protestantes.
Il occupe également le poste de Secrétaire général adjoint de l’Union des Travailleurs Gabonais (UTG) dirigée à l’époque par feu Édou Ovono Célestin.
Une tragédie transformée en combat national
Son parcours prend un tournant décisif en 2005. Cette année-là, son fils Edou Ebang Eric, 12 ans, et son camarade Aboubakar sont assassinés, mutilés puis abandonnés sur une plage de Libreville.
Un crime rituel.
Une blessure indélébile.
Une douleur qu’il transforme en combat.
Il fonde alors l’Association de lutte contre les crimes rituels (ALCR), qu’il préside jusqu’à aujourd’hui. Grâce au lobbying et aux plaidoyers menés, il est porté en 2006 à la tête du Réseau de défense des droits humains du Gabon (REDDHGA) jusqu’en 2023. En 2011, il est élu à la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH).
Une voix reconnue en Afrique et au-delà
Entre 2009 et 2019, il adhère au Réseau des Défenseurs des Droits Humains d’Afrique Centrale (REDHAC), dont il devient le point focal au Gabon.
Fort de multiples formations au CNUDHD, il devient formateur en genre et droits humains de 2008 à 2013 au Gabon, Cameroun et Congo-Brazzaville.
Son expertise le mène ensuite au rang de Consultant Spécial auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies à la Fondation Internationale pour les Défenseurs des Droits Humains – Front-Line à Dublin, de 2012 à 2022.
L’écrivain qui documente le combat
Pour transmettre et sensibiliser, il publie six ouvrages pédagogiques destinés aux élèves, journalistes, universitaires et intellectuels.
Il est notamment cité dans Les crimes rituels au Gabon, approche criminologique et judiciaire du phénomène du magistrat hors hiérarchie Eddy Minang.
Il participe aussi à plusieurs documentaires, dont « Les organes du pouvoir » de Thierry Pasket (Canal+, 2022).
Des distinctions qui rappellent la valeur du courage
• 27 mai 2007 : Meilleur défenseur pour le soutien des personnes vulnérables (Gouvernement gabonais)
• 14 décembre 2014 : Meilleur défenseur africain des droits de l’Homme (Jeune Afrique)
• 9 février 2022 : Meilleur défenseur des droits humains du Gabon (REDHAC – Yaoundé)
Du terrain aux institutions : poursuivre la lutte
Après le Coup de la Libération du 30 août 2023, le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, le nomme Sénateur de la Transition. Quelques mois plus tard, Paulette Missambo le désigne Premier vice-président de la Commission des lois du Sénat.
Celle-ci enquête auprès des populations, contribue à l’élaboration et à l’amendement des lois.
En avril 2024, lors du Dialogue National Inclusif, il propose 10 recommandations en tant que commissaire de la sous-commission Justice, droit et liberté.
Les 10 sont validées. Un succès politique et citoyen.
Un défenseur du peuple qui ne baisse jamais les armes
Après vingt ans de lutte, même si de nombreux Gabonais subissent encore des traitements dégradants et inhumains, il a posé des bases fondamentales, au péril de sa vie, pour que la dignité humaine ne soit plus négociable au Gabon.
Malgré les obstacles, malgré les menaces, malgré l’horreur vécue, Ebang Ondo Jean Elvis reste insatiable de justice.
Il rêve simplement de vivre en paix, dans un Gabon d’amour, où chaque citoyen aura le droit de vivre sans crainte.
Par Chris OYAME
