Cette fois, c’est un tir à bout portant. Bitome n’a pas parlé… il a bombardé. Et au centre de la cible : le ministre des Travaux publics, accusé d’abandon pur et simple du terrain pendant que les routes s’effondrent et que les Gabonais souffrent.
« Monsieur le ministre des TP, ça ne sert à rien de m’insulter dans votre cœur… ni d’envoyer des gens m’arrêter. Moi, je parle parce que je n’ai pas un autre pays. »
Le décor est planté. Pas de diplomatie, pas de détour : Bitome assume et attaque.
Pour lui, la Ve République ne peut pas se construire avec des ministres invisibles, enfermés dans leurs bureaux climatisés pendant que le pays réel s’enlise dans la poussière et les nids-de-poule.
« On n’a pas besoin des ministres qui font les manucures dans les bureaux. On a besoin de ceux qui vont sur le terrain. »
Et le terrain, lui, ne ment pas.
Entre Ndjolé et Bifoun, c’est la descente aux enfers. Routes défoncées, véhicules broyés, voyageurs épuisés, accidents en embuscade.
« Les gens prient pour arriver. C’est devenu un chemin de croix. »
Mais pendant que les routes tuent à petit feu, les contrôles, eux, tournent à plein régime.
« On te demande tous les papiers… mais la route elle-même, personne n’en parle. »



Là où Bitome frappe le plus fort, c’est sur ce qu’il considère comme une mascarade d’État : des moyens existent, mais rien ne bouge.
« On voit les gilets, les casques… mais sur le terrain, c’est zéro. »
Alors la question tombe, lourde, dérangeante :
« Le président a donné des engins… ils sont où ? Ils servent à quoi ? »
Sous-entendu clair : il y a un problème. Grave. Et visible par tous.
Pour Bitome, ce n’est plus une question de lenteur administrative. C’est une défaillance totale. Une trahison de mission.
« Les Gabonais sont fatigués de souffrir. Ça ne va pas ! »
Et face à cela, il ne laisse aucune échappatoire :
« Ou on accompagne le chef de l’État, ou on le fait échouer. »
Le coup de grâce arrive sans prévenir :
« Je ne parle pas à l’homme, je parle à la fonction. Si vous ne pouvez pas, dites-le. Une autre personne va faire. »
Message reçu ? Pas sûr.
Mais une chose est certaine : cette sortie fracassante met une pression maximale sur le ministère des Travaux publics. Et cette fois, le silence pourrait coûter cher.






