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Esther Miracle : Bilie-By-Nze et Paillat protégés par le silence judiciaire ?

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Plus de deux ans après le tragique naufrage du ferry Esther Miracle ayant coûté la vie à 37 personnes, la justice gabonaise poursuit son œuvre… mais pas jusqu’au bout. Jeudi 7 août, les familles endeuillées ont essuyé un nouveau revers : leur demande de faire comparaître l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze et son ministre des Transports de l’époque, Brice-Constant Paillat, a été rejetée. Une décision qui, pour beaucoup, sonne comme une insulte à la mémoire des victimes.

Alors que les responsables opérationnels du navire restent en détention, la question de la chaîne de responsabilités politiques reste soigneusement contournée. Pourtant, le collectif des familles ne décolère pas. À leurs yeux, il est inconcevable que ceux qui, au sommet de l’État, validaient ou toléraient la mise en service d’un navire défectueux puissent continuer à échapper à toute audition.

« Il faut bien que l’État s’explique », martèle Euloge Foundjangoye, président du collectif. « Comment un navire aussi peu fiable a-t-il pu continuer à voguer, à transporter des passagers et des marchandises sous le nez des autorités ? Pourquoi personne, au plus haut niveau, n’a rien vu, rien entendu, rien dit ? »

Des questions simples, brûlantes, qui mettent en lumière les zones d’ombre d’un système de gouvernance où les responsabilités semblent s’arrêter juste avant le sommet. Car dans cette affaire, tout laisse penser que des instructions ont été données, ou à tout le moins, des négligences commises. Or, en mars 2023, Bilie-By-Nze était chef du gouvernement, et Paillat son ministre des Transports. À ce titre, ils étaient censés garantir la sécurité du transport maritime national. Leur silence et leur absence du procès posent donc un problème éthique majeur.

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Et pendant ce temps, la douleur des familles reste vive, amplifiée par un sentiment d’injustice. Le procès s’annonce long, douloureux, mais le refus de convoquer les figures politiques de l’époque est déjà perçu comme un mauvais signe. Une justice qui évite soigneusement certaines vérités peut-elle vraiment panser les plaies d’un peuple traumatisé ?

La prochaine audience, prévue pour septembre, devra démontrer si le tribunal a encore la volonté de rendre justice toute la justice ou s’il se contentera de sacrifier des seconds couteaux pour préserver les architectes silencieux d’un naufrage évitable.

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