Le 08 septembre 2025, la France a offert un spectacle démocratique : le gouvernement Bayrou a été renversé par le Parlement. Une motion de censure, quelques débats, un vote… et hop, les ministres sont rentrés chez eux comme des locataires priés de libérer l’appartement.
Au Gabon, inutile de rêver d’une telle scène. Ici, pas de Premier ministre qu’on vire comme un directeur maladroit, pas de gouvernement qui tombe à coups de motion de censure. Non. Chez nous, le chef du gouvernement s’appelle… le Président. Autant dire que si un jour il devait tomber, il entraînerait avec lui toute la maison : le toit, les murs, et même la cour.
La vraie leçon que nous devons tirer de Paris n’est donc pas : « Un gouvernement peut chuter » — car chez nous, le gouvernement est indissociable du Président. La vraie leçon est ailleurs : la responsabilité suprême incombe au Parlement et au peuple de contrôler le numéro un. Parce qu’un Président sans contrôle devient vite un monarque, et un monarque sans limite devient l’architecte de nos ruines.
En France, le Parlement a osé dire non. Au Gabon, les députés osent surtout dire amen. En France, la démocratie a des griffes. Au Gabon, elle ressemble trop souvent à un chaton domestiqué.
Alors, posons la question qui fâche : si demain le Président échoue, qui osera lui dire « stop » ? L’Assemblée ? Le Sénat ? Ou faudra-t-il attendre, encore une fois, que ce soit la rue qui se charge du travail ?









