Dans une tribune largement relayée, l’analyste et observateur politique Pharell Boukila dénonce la mise à l’écart de Bruno Ecuele Manga et de Pierre-Emerick Aubameyang après l’élimination de la sélection nationale.
Selon lui, cette décision prise dans l’urgence trahit un pouvoir qui gouverne sous le coup de l’émotion et de la pression des réseaux sociaux. Une lecture sévère, mais lucide, qui mérite d’être prolongée tant elle met à nu une dérive inquiétante de l’État.
La réflexion de Pharell Boukila part d’un fait précis : l’exclusion soudaine de deux figures majeures du football national, annoncée dans le tumulte post-élimination, sans explication structurée ni vision à long terme. Pour Pharell Boukila, cette décision est moins sportive que politique. Elle illustre un pouvoir qui réagit à chaud, prisonnier de la colère populaire amplifiée par les réseaux sociaux.
Mais au-delà du raisonnement de Pharell Boukila, cette affaire révèle un mal plus profond. Ce n’est pas seulement l’émotion qui gouverne, c’est la peur du pouvoir face à l’opinion numérique. Dans un contexte de frustration collective, l’État a choisi la solution la plus visible : désigner des responsables immédiats, incarnés, identifiables.
Comme le souligne Pharell Boukila, demander des comptes après une débâcle est légitime. Mais transformer cette exigence en sanction publique expéditive relève du règlement de comptes symbolique. Bruno Ecuele Manga et Pierre-Emerick Aubameyang n’ont pas été jugés sur une politique sportive globale, mais sur une défaite devenue prétexte à apaiser la foule.
Là où Pharell Boukila parle de gouvernance émotionnelle, il faut ajouter une dimension plus grave : celle du sacrifice politique. Quand les structures échouent, quand les choix stratégiques sont inexistants, le système se protège en exposant ses icônes. Le football devient alors un théâtre, et les joueurs, des figurants d’une mise en scène punitive.
La réflexion de Pharell Boukila met également en lumière un paradoxe troublant : ces mêmes joueurs ont été célébrés pendant des années, érigés en symboles nationaux, souvent abandonnés sans moyens, sans vision, sans accompagnement sérieux. Aujourd’hui, ils sont désignés comme fautifs, presque indignes, pour masquer l’incurie de ceux qui décident.
Ce scandale dépasse largement le cadre sportif. Comme l’alerte Pharell Boukila, il pose une question centrale : qui gouverne réellement ? Les institutions ou la foule numérique ? La raison d’État ou la tendance du jour ? Un pouvoir qui cède à la clameur n’est plus un arbitre, il devient un acteur paniqué.
En définitive, Pharell Boukila a ouvert une brèche salutaire. Mais la vérité est encore plus dérangeante : ce qui s’est joué ici n’est pas une sanction sportive, c’est un aveu de faiblesse politique. Un État qui gouverne à l’émotion abdique son autorité. Et quand l’État abdique, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix du scandale.







