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Magazine Super Star > EXCLUSIVITÉ > Écho du tribunal : Qu’on cesse le cinéma ! Oyima doit répondre du butin d’Ali Bongo devant la justice.  
EXCLUSIVITÉ

Écho du tribunal : Qu’on cesse le cinéma ! Oyima doit répondre du butin d’Ali Bongo devant la justice.  

Last updated: 13 novembre 2025 15h33
Published: 13 novembre 2025
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4 Min Read
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Le procès de Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin ravive les plaies profondes d’un pays épuisé par des décennies de prédation. Au cœur des révélations, une vérité insoutenable : 250 milliards de francs CFA, détournés des caisses de l’État, ont été déposés à la BGFI Bank, alors dirigée par Henri-Claude Oyima, aujourd’hui ministre des Finances. Une situation aussi scandaleuse qu’inacceptable, qui remet en question la sincérité même de la lutte contre la corruption au Gabon.

Sous la présidence d’Ali Bongo, la BGFI n’était pas une banque ordinaire : c’était le coffre-fort du pouvoir. Des milliards du Trésor public et des entreprises d’État y transitaient en toute discrétion, souvent sans traçabilité réelle. Les rapports de la COBAC et de plusieurs organismes financiers avaient déjà dénoncé ces irrégularités, pointant des mouvements suspects liés au palais présidentiel. En 2019, plusieurs transferts de dizaines de milliards vers des comptes privés avaient été signalés, mais aucune enquête sérieuse n’avait suivi. Aujourd’hui, la découverte de ces 250 milliards volés à l’État confirme ce que beaucoup savaient déjà : la BGFI était la banque du détournement organisé, et Henri-Claude Oyima, son chef d’orchestre silencieux.

En vertu des lois gabonaises sur la lutte contre le blanchiment, tout dépôt suspect doit être signalé à l’ANIF. Un professionnel de son rang ne pouvait ignorer l’origine illicite d’un tel montant. Son silence, son absence de réaction et son rôle central font de lui non pas un témoin, mais un acteur direct de la dissimulation des fonds publics. Cette responsabilité, aussi lourde soit-elle, ne peut être effacée par un titre de ministre.

Le plus troublant est que celui qui dirigeait la banque des détournements se retrouve aujourd’hui à la tête des finances du pays. Comment le gardien des milliards volés peut-il devenir le gardien du Trésor national ? Cette contradiction mine la crédibilité du gouvernement et jette une ombre sur la promesse de rupture portée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema. Si le président veut réellement rompre avec les pratiques du passé, il doit poser un acte fort : suspendre Henri-Claude Oyima et le faire comparaître devant la justice.

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Les Gabonais n’attendent plus de discours, mais des preuves. Les petits fonctionnaires sont punis pour quelques millions détournés, pendant que les grands noms du système continuent de siéger et de signer des budgets. La justice ne doit plus trembler devant les puissants. Elle doit frapper selon la gravité des crimes.

Henri-Claude Oyima doit être entendu, jugé et, si les faits sont confirmés, condamné. Tant qu’il restera au gouvernement, la Transition perdra son sens et la rupture promise semblera n’être qu’un slogan creux. Le peuple, lui, observe et attend des actes. Car la justice différée est toujours une injustice vécue.

Le temps des comptes a sonné. Et celui qui a encaissé les 250 milliards volés sous sa direction doit enfin répondre de ses actes devant la nation.

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