Steeve Nzegho Diecko, ancien secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), a lâché une bombe à la barre : oui, il a reçu des milliards de francs CFA d’Ali Bongo. Oui, c’était de l’argent volé dans les caisses de l’État. Et oui, pendant plus d’un demi-siècle, ce parti a pompé les ressources du peuple gabonais pour enrichir une caste politico-familiale sans scrupules.
Et pourtant… pendant que les lampistes, les petites mains et les proximités de Sylvia Valentin défilent au tribunal, les vrais bénéficiaires systémiques, eux, se promènent en paix. Ceux qui ont profité directement ou indirectement du pillage organisé sont dehors. Libres. Intouchables.
Le tribunal sait. Le tribunal connaît. Mais le tribunal évite.
Et ce silence devient assourdissant quand on se rappelle que, lors des grandes assises nationales, lorsque les Gabonais avaient enfin parlé d’une seule voix pour fonder une nouvelle Constitution, la dissolution ou la suspension du PDG avait été officiellement évoquée.
Ce parti avait été identifié comme l’un des instruments principaux de la destruction du pays, un appareil politique qui a confisqué les moyens de l’État, saboté les institutions, ruiné la nation par sa voracité.
La suspension ? Presque actée.
La responsabilité ? Écrasante.
Le consensus ? Évident.
Et puis… comme toujours, au dernier moment, le courage politique a disparu. Rien. Silence. Compromis. Abandon.
Aujourd’hui, le comble de l’indécence : l’ancien patron du PDG avoue publiquement que son parti a fonctionné avec de l’argent volé aux Gabonais, et malgré cela, aucun bien du parti n’est saisi, aucun compte gelé, aucune procédure judiciaire engagée pour recel.
Rien. Absolument rien.
Pire : le nouveau pouvoir, censé incarner la rupture, tisse des alliances contre nature avec ce même PDG. Une alliance qui ressemble davantage à une protection mutuelle qu’à une quête de vérité.
Soyons clairs :
Si le PDG n’est pas appelé à la barre, ce procès n’a aucun sens.
Si la justice ne juge pas le parti qui a pillé le pays pendant 50 ans, alors tout ceci n’est qu’une mise en scène.
Un procès sans PDG, c’est une parodie judiciaire.
L’équation est simple :
Ou la justice frappe le PDG, ou elle prouve au peuple qu’elle marche à reculons.
Parce qu’au Gabon, il n’y a pas de justice tant que les intouchables dictent eux-mêmes les limites du tribunal.
