Il y a dix ans, à l’Assemblée nationale, Zibi Abeghe Bertrand, alors député de Minvoul, lançait un cri d’alarme que beaucoup avaient pris à la légère. Avec une clairvoyance rare, il dénonçait la recrudescence des crimes rituels, le banditisme juvénile et l’essor de la consommation de drogues dures parmi les jeunes Gabonais.
À l’époque, ses propos ont été considérés par certains comme exagérés, voire alarmistes. Pourtant, la décennie qui a suivi a donné raison à cet homme d’une lucidité exceptionnelle. Aujourd’hui, le Gabon fait face à une montée inquiétante des crimes rituels, qui retrouvent une ampleur jamais vue depuis plusieurs décennies. Parallèlement, le banditisme juvénile, alimenté par la consommation de drogues dures, explose dans nos villes et nos quartiers, confirmant les avertissements de Zibi Abeghe Bertrand.

Trois passages de son intervention restent aujourd’hui d’une actualité brûlante :
- « Lorsque nous avons interpellé le ministre de l’Intérieur et de la Défense, il y a un an, nous nous disions que le problème venait des forces de l’ordre, maintenant, monsieur le Premier ministre, le véritable problème au Gabon provient de la justice. »
- « Nous avons accepté dans ce pays tous les marabouts sans jamais les réguler… dans aucun village du Gabon on ne demandait des sacrifices humains, et pourtant aujourd’hui, le sang est promis pour être élu. »
- « Aujourd’hui, l’Afrique de l’Ouest est devenue la plate tournante de la drogue… et sous nos yeux nous laissons faire, mais demain, vous verrez ce qu’adviendrait ce pays si nous n’agissons pas. »
Ce qui frappe le plus, c’est la pertinence de son analyse : déjà, il pointait du doigt la responsabilité des institutions qui toléraient ces dérives en ne prenant pas les mesures nécessaires. Son appel au renforcement de la justice, à la régulation des pratiques occultes et à la protection de la jeunesse résonne aujourd’hui avec une force particulière.
Zibi Abeghe Bertrand n’était pas seulement un député ; il était un éclaireur, un visionnaire capable d’anticiper les crises sociales et criminelles avant qu’elles n’atteignent leur paroxysme. Son engagement, sa lucidité et sa capacité à parler haut et fort pour le bien de tous méritent d’être salués et rappelés dans le contexte actuel.
En redonnant vie à ses alertes, le Gabon a l’occasion de tirer des leçons précieuses. Les voix comme celle de Zibi Abeghe Bertrand ne doivent plus être ignorées : elles sont l’étoile guide pour protéger notre jeunesse, sauvegarder nos valeurs et renforcer la justice dans notre pays.









