Le 13 août 2025 restera dans les mémoires comme ce jour où le Palais Rénovation a offert un spectacle à la fois solennel et déroutant. S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, a décoré quatre personnalités : Gilbert Ngoulakia, Angélique Ngoma, Cécilia Otouma Veuve Ndjavé Ndjoye et Jean François Ndongou. Grand Officier dans l’Ordre National de l’Étoile Équatoriale et Grand-Croix dans l’Ordre National du Mérite Gabonais… des titres qui brillent au soleil mais qui, pour l’opinion publique, sentent surtout le sable dans la soupe promise aux Gabonais.
Car tout le monde le dit : ces “rescapés du chaos” ne sont pas des héros du pays, mais bien ceux qui ont contribué à le piller, le réprimer et le malmener pendant des décennies. Et voilà qu’on les invite à la table des honneurs ! C’est un peu comme si l’on décorait un cambrioleur pour sa “contribution exceptionnelle au secteur bancaire”. L’ironie est cruelle, et elle ne trompe personne.





Ci-dessus , la cérémonie de décoration présidée par S.E. Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République
Dans les rues, sur les marchés et sur les réseaux sociaux, le commentaire est unanime : « Voilà le fameux renouveau ! » Le peuple observe, incrédule, ce spectacle où la trahison se pare de médailles et où l’impunité devient vertu. Décorer ces personnalités, c’est envoyer un message clair : le chaos d’hier peut revenir sous des habits de dignité, et le sable se mêle à la soupe populaire sans que personne ne bronche.
L’inquiétude est palpable : demain, ces mêmes rescapés du chaos pourraient se retrouver dans les assemblées, les mairies ou aux commandes des institutions, maquillés d’un vernis de “réforme”, tandis que le citoyen continue de sentir la poussière du passé sous ses pieds.
En somme, le Gabon assiste, impuissant et amusé, à une étrange cérémonie où l’honneur et le mérite se confondent avec l’infamie. Décorer les rescapés du chaos, c’est verser du poison dans la soupe du peuple et rappeler que, parfois, le renouveau n’est qu’un mot, et que l’histoire aime répéter ses pires chapitres… avec faste.









