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Décès d’Alexandre Nguema : Camélia Ntoutoum réagit tard, les enseignants exigent des actes concrets maintenant, pas de poème

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Neuf jours après la mort brutale d’Alexandre Nguema Bibang, professeur d’histoire-géographie au Lycée Paul-Indjendjet-Gondjout, l’émotion reste vive, la colère grandit et une question s’impose : combien d’enseignants devront encore tomber « craie en main » avant que l’État n’assume enfin ses responsabilités ? À 61 ans, à l’aube d’une retraite qu’il n’aura jamais connue, cet homme est mort en pleine classe, devant ses élèves de 6ᵉ J, victime d’un malaise fatal. Mais derrière cette tragédie, un fait encore plus insupportable : de nombreuses primes et droits que l’État lui devait n’avaient toujours pas été réglés.

Le choc provoqué par sa disparition a rapidement laissé place à une indignation générale. Syndicats, enseignants et influenceurs ont dénoncé des conditions de travail indignes, une pression constante, un stress permanent et un mépris institutionnel devenu insupportable. Depuis des années, les enseignants tirent la sonnette d’alarme : surcharge, absence de matériel, salles insalubres, retards de paiement, méconnaissance de leurs droits… Et pendant que le système les abandonne, ils tombent, l’un après l’autre, dans le silence et l’indifférence.

Dans ce contexte explosif, la réaction de Camélia Ntoutoum, ancienne ministre de l’Éducation nationale et désormais députée, était attendue. Très attendue. Elle a finalement publié un hommage sur sa page Facebook, saluant un « soldat de la craie tombé au champ du savoir » et exprimant sa tristesse en tant qu’ancienne élève de ce même lycée. Une déclaration correcte, respectueuse, mais tardive. Et surtout, insuffisante pour ceux qui vivent la souffrance du métier au quotidien.

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Car les commentaires qui affluent sous sa publication sont sans ambiguïté : « plus jamais de poèmes », « place aux solutions », « l’hommage ne suffit pas ». Une partie du corps enseignant l’a dit clairement : ce discours ne doit pas être un énième texte bien tourné qui masque l’inaction. Les enseignants ne peuvent plus se contenter de condoléances institutionnelles. Ils veulent des actes concrets, visibles, immédiats.

L’hommage de Camélia Ntoutoum aurait pu passer autrement dans un pays où les droits des enseignants sont respectés. Mais au Gabon, où les retards de paiement, l’épuisement moral et les drames silencieux rythment leur quotidien, il sonne comme un rappel : trop de responsables politiques se réveillent quand il est déjà trop tard.

La vérité est simple : le meilleur hommage qu’on puisse rendre à Alexandre Nguema Bibang n’est pas une belle phrase sur Facebook. C’est une réforme profonde. C’est un respect réel du métier. C’est un gouvernement qui agit avant le drame, pas après. C’est un État qui protège ses enseignants plutôt que de les user jusqu’à la mort.

Tant que rien ne changera, les poèmes et les hommages tardifs ne seront plus que du bruit. Les enseignants, eux, ont parlé : ils veulent des actes. Pas des mots. Pas encore. Pas cette fois.

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