L’activiste gabonais connu sous le pseudonyme de « Badecon en Chef », autrefois perçu comme un fervent défenseur des causes populaires, vient d’annoncer officiellement son soutien au Président de la transition pour la prochaine élection présidentielle. Une prise de position qui, loin de faire l’unanimité, divise ses partisans et soulève une vague de critiques.
Depuis le 31 août, date à laquelle il exigeait lors d’un live suivi par 22 000 personnes que le CTRI remette le pouvoir aux civils, l’homme a traversé plusieurs phases contradictoires. Ses prises de position fluctuantes lui ont valu tantôt des accusations d’opportunisme, tantôt des éloges de ses partisans les plus fidèles.
Le point de rupture s’est produit lorsqu’il a publiquement insulté le Président de la République, déclenchant un véritable tollé. Face à l’indignation générale, il a tenté de faire amende honorable, présentant ses excuses et rencontrant personnellement le chef de l’État. Mais loin de calmer les esprits, cette entrevue a renforcé la suspicion de ses détracteurs, surtout après la diffusion d’une vidéo compromettante où on le voit recevoir une enveloppe d’argent du Président.
Se proclamant incorruptible et intègre, l’image du Badecon en Chef a pris un sérieux coup. Beaucoup y ont vu une trahison, un reniement des principes qu’il affichait haut et fort. Ce qui devait être un simple ajustement stratégique est alors devenu un déclin brutal de sa popularité.
Malgré sa participation active à la campagne pour le “non” lors du référendum constitutionnel, où il espérait prouver sa constance idéologique, le rejet d’une grande partie du public a persisté. Aujourd’hui, il annonce officiellement son soutien à Brice Clotaire Oligui Nguema pour la campagne présidentielle, une décision qu’il assure être strictement personnelle, sans impliquer sa communauté.
Si autrefois, Le Badecon en Chef était un poids lourd de l’activisme gabonais, force est de constater que son influence s’est érodée. Aura-t-il encore un impact sur l’opinion publique ? Peut-il encore mobiliser une partie de la jeunesse ou est-il devenu un simple figurant politique, récupéré par le pouvoir ?
Une chose est sûre : son nom continue de faire du bruit. Que ses partisans le suivent ou non, il reste l’un des rares activistes à pouvoir capter l’attention, bien plus que certains influenceurs locaux qui jouissent des largesses présidentielles sans réelle portée sur la population.
Reste à savoir si son soutien à Oligui Nguema sonnera comme une dernière tentative de retrouver son aura d’antan ou s’il marquera la fin d’un activisme autrefois redouté.
