Dans une sortie aussi rare que percutante, un pasteur influent de l’Église Évangélique du Gabon a lancé un cri d’alarme sur ce qu’il qualifie de « malaise profond » gangrénant l’institution. Ses déclarations, nourries de faits concrets et d’exemples précis, jettent une lumière crue sur les tensions internes, les déviations doctrinales, ainsi que les luttes de pouvoir qui, selon lui, mettent en péril l’âme même de l’église.
« Nous ne sommes plus guidés par l’Esprit, mais par les calculs humains », déplore le pasteur, visiblement bouleversé. À travers ses propos, il pointe une perte de repères spirituels dans plusieurs paroisses. La prière collective s’affaiblit, les prédications deviennent « politiquement correctes », et les valeurs fondamentales de l’Évangile seraient reléguées au second plan. Il évoque des sermons vidés de leur puissance prophétique, plus soucieux de plaire que d’édifier.
Selon ce responsable religieux, la gestion de l’Église Évangélique du Gabon est aujourd’hui marquée par une absence de transparence et un affaiblissement du leadership moral. Il parle d’un climat délétère au sein du clergé : suspicions, règlements de comptes personnels, querelles de succession et favoritisme dans les nominations.
« Le Conseil de l’Église ressemble parfois plus à un bureau politique qu’à une assemblée guidée par Dieu », affirme-t-il, citant plusieurs exemples de décisions prises sans consultation des communautés locales ou à l’encontre de la tradition synodale.
Le pasteur confie également sa grande inquiétude face au découragement croissant des fidèles. Il évoque des églises désertées, des jeunes en rupture avec la foi, et un flou persistant autour des positions doctrinales de l’institution. « Quand le peuple ne sait plus à qui se fier, il se détourne », affirme-t-il avec gravité.

Il s’interroge notamment sur la multiplication d’activités « plus festives que spirituelles », qui risquent selon lui de transformer les églises en « centres de loisirs religieux » plutôt qu’en lieux de sanctification.
Loin de se contenter du constat, le pasteur formule un appel solennel au retour à l’essentiel : la Parole, la prière, l’humilité, et la redevabilité. « Il faut que l’Église se regarde dans un miroir et reconnaisse ses fautes. Notre mission n’est pas de plaire aux hommes mais de servir Dieu et son peuple », martèle-t-il.
Si ses déclarations font écho aux murmures déjà perceptibles dans certaines assemblées, peu de voix se sont publiquement jointes à la sienne jusqu’ici. Reste à savoir si ce témoignage provoquera un électrochoc salvateur ou s’il sera étouffé par les silences institutionnels.
Ce cri de cœur, empreint de douleur mais aussi d’espérance, révèle une fracture profonde au sein de l’Église Évangélique du Gabon. Quelles que soient les réactions officielles à venir, une chose semble claire : la foi n’exige pas seulement des prières, mais aussi du courage. Le courage de se remettre en question.





