Il est inacceptable et déplorable de constater l’état des établissements publics au Gabon, où l’on exige l’excellence des apprenants sans leur offrir les conditions nécessaires pour y parvenir. Dans de nombreuses écoles de Libreville et d’ailleurs, l’insalubrité est totale : des sanitaires inexistants, des bâtiments privés d’électricité, des tables bancs manquantes, le tout envahi par les herbes et parfois même par des reptiles. Les élèves sont reçus dans des conditions indignes, alors même que Camélia Ntoutoume Leclercq, à la tête du ministère de l’Éducation nationale, prône une éducation d’excellence.
La réalité des établissements scolaires est accablante. Non seulement ces écoles sont démunies de tout matériel adéquat, mais elles manquent également cruellement de professeurs, en particulier dans les matières scientifiques. Comment peut-on exiger d’un élève un moyen de 12 pour obtenir une bourse d’études dans de telles conditions ? Sommes-nous en train de dire que l’excellence gabonaise se limite à une poignée d’élèves qui parviennent à tirer leur épingle du jeu dans ce marasme insupportable, sans aucune comparaison avec les standards internationaux ?
Des enfants, dans un mouvement de protestation, réclament de meilleures conditions d’apprentissage à peine la rentrée scolaire commencée.

Pendant ce temps, Madame Ntoutoume Leclercq semble se complaire dans son populisme, cachant la véritable réalité de la situation. Pour elle, l’école gabonaise est en voie d’amélioration, comme elle le clame dans des reportages télévisés qu’elle finance à longueur de journée, la montrant en train d’animer des séminaires à travers le pays. Mais derrière cette façade trompeuse, les apprenants souffrent, piégés par le manque d’infrastructures et l’absence d’enseignants qualifiés.
Ce même jeu de dupes se joue aujourd’hui que lorsqu’elle était aux côtés d’Ali Bongo, le dictateur, et de son épouse Sylvia Bongo. Sa soudaine conversion à la louange du président Oligui ne fait que confirmer que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le mal du Gabon recommence avec ceux qui ont déjà gaspillé l’avenir du pays. Les résultats risquent d’être les mêmes, si ce n’est pire, si nous continuons à ignorer la souffrance des élèves et à fermer les yeux sur l’effondrement de notre système éducatif.
Il est urgent que les autorités prennent conscience de la gravité de la situation et agissent, car l’avenir de notre jeunesse et du pays en dépend. L’éducation ne peut se résumer à un slogan ou à des séminaires vides de sens ; elle nécessite des actes concrets et une volonté politique réelle pour rétablir l’honneur et l’intégrité de l’école gabonaise.





