L’arrestation de Bob Mengome, plus connu sous le nom de matricule 212, n’a visiblement pas contribué à apaiser le climat politique au Gabon. Bien au contraire, elle semble avoir ravivé les tensions et renforcé un sentiment d’inquiétude perceptible dans une partie de l’opinion publique, notamment parmi les acteurs de la société civile et les voix critiques.
Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, l’activiste David Mberakouma, connu sous le pseudonyme de Prince Adouma, affirme se sentir personnellement en insécurité. Il y exprime ses préoccupations face à ce qu’il décrit comme une atmosphère de pression croissante autour des citoyens perçus comme non alignés avec le pouvoir en place.
Dans son message, dont il assume publiquement la paternité, il évoque l’existence de certains militants qu’il qualifie d’« activistes proches du pouvoir », qu’il estime bénéficiaires de privilèges, tandis qu’une grande partie de la jeunesse continue de faire face au chômage et à l’absence de perspectives sociales.
Selon lui, l’engagement militant aurait, dans certains cas, perdu sa vocation citoyenne pour se transformer en un espace de rivalités, d’influences et de positionnements stratégiques. Il estime que certaines prises de parole publiques peuvent contribuer à exposer des individus à la stigmatisation ou à des pressions, sans toutefois avancer d’accusations formelles ni produire d’éléments vérifiables.
Dans cette même sortie, David Mberakouma cite nommément Éric Otsetse, affirmant que des propos tenus récemment auraient pu être interprétés comme une désignation de citoyens considérés comme « non-alignés ». Il s’agit là d’une lecture personnelle de l’auteur, qui n’engage que lui.
Cette déclaration relance néanmoins un débat plus large au sein de l’opinion : celui de la cohérence du militantisme et de la responsabilité des paroles publiques dans un contexte politique encore fragile.
David Mberakouma précise par ailleurs se trouver à Libreville et affirme ne pas chercher à se soustraire à ses responsabilités. Il indique assumer pleinement ses propos, qu’il présente comme une expression de conviction personnelle et de liberté d’opinion, protégée par les principes fondamentaux de l’État de droit.
Son message, fortement empreint de symboles religieux et historiques, se veut avant tout un appel à la conscience collective et à la vigilance citoyenne, selon ses propres termes.
Depuis l’arrestation de Bob Mengome, plusieurs observateurs estiment que le climat général suscite des interrogations légitimes : la liberté d’expression est-elle suffisamment garantie durant la transition ? Les critiques peuvent-elles s’exprimer sans être assimilées à une hostilité politique ?
Autant de questions qui traversent aujourd’hui le débat public, sans qu’aucune conclusion définitive ne puisse être tirée à ce stade.
Une certitude demeure toutefois : la tension est perceptible, la parole devient prudente, et de nombreux citoyens s’interrogent sur l’évolution du climat démocratique.
Dans ce contexte, une interrogation circule, non comme une accusation, mais comme une inquiétude citoyenne :
après l’affaire Bob Mengome, comment rassurer durablement les Gabonais sur la protection effective des libertés publiques ?
