A Libreville Il y a des jours où on se demande si certains activistes camerounais ne devraient pas officiellement demander leur passeport gabonais. À force de casser du sucre sur la tête d’Oligui Nguema, on dirait qu’ils ont oublié qu’ils ont leur propre plat de résistance bien épicé à la maison : Paul Biya, 92 ans, huit mandats, et toujours aussi indéboulonnable.
Curieusement, pendant que le président camerounais annonce calmement sa candidature pour la huitième fois ! beaucoup d’activistes locaux trouvent que « ce n’est pas si grave ». Mais dès qu’Oligui éternue, ils accourent sur X ou TikTok :
« Dictature militaire ! »,
« Coup d’État ! »,
« Président illégitime ! »
Et pourtant, chez eux, la démocratie fait du surplace depuis 43 ans.
Comme le dit un commerçant de Douala avec humour :
« Biya c’est le Mbongo tchobi de la politique : c’est noir, c’est fort, mais ça reste là dans l’assiette. Alors ils préfèrent la sauce Odika gabonaise, plus fraîche, plus piquante… »
Pourquoi ?
Parce que taper sur Oligui, c’est cool, c’est tendance, c’est buzzmatique , c’est à la mode. Biya, lui, est devenu presque une habitude. Tel un vieux meuble qu’on ne déplace plus.
Mais dans le fond, ça trahit un malaise : on préfère dénoncer plus loin pour éviter de trop secouer la maison. Critiquer Libreville plutôt que risquer une coupure de courant chez soi.
Pendant que Biya sert encore du “réchauffé” politique à ses citoyens, certains préfèrent aller goûter au barbecue gabonais, quitte à s’étouffer avec.
La vraie question : à quand un vrai appétit pour le changement… à domicile ?
