La découverte, le 7 août dernier, de la dépouille d’Ella Jean Paulin, un ressortissant camerounais d’une cinquantaine d’années, dans l’enceinte de l’école catholique Sacré-Cœur de Mimbang, à Bitam, pose une nouvelle fois la question de la prise en charge des étrangers en situation de grande précarité au Gabon.
Selon les informations rapportées par Direct 9 et Gabon Mail Infos, l’homme avait été aperçu la veille dans un état de grande faiblesse. Une vidéo aurait même circulé pour appeler à l’aide. Quelques heures plus tard, il était retrouvé mort. Les circonstances exactes de son décès devront être établies par une enquête.
Mais au-delà de ce drame, une question dérange : qui prend réellement en charge les ressortissants étrangers abandonnés à eux-mêmes sur le territoire gabonais ?
Le Gabon est une terre d’accueil et sa solidarité est souvent mise à contribution lorsqu’un étranger malade, indigent ou sans famille est retrouvé dans une situation dramatique. Et lorsque survient un décès, ce sont parfois les autorités gabonaises qui doivent gérer la dépouille et supporter une partie des frais d’inhumation.
Or, certains de ces ressortissants seraient en situation administrative irrégulière et sans véritable dispositif de suivi de la part de leur pays d’origine.
Le Gabon peut-il indéfiniment se substituer aux représentations diplomatiques étrangères ?
La question n’est pas xénophobe. Elle relève simplement de la responsabilité des États. Chaque ambassade ou représentation consulaire devrait pouvoir identifier ses ressortissants vulnérables et intervenir lorsqu’ils se retrouvent dans une situation de détresse.
Car malheureusement, lorsque l’étranger meurt dans des conditions dramatiques, c’est souvent l’image du Gabon qui se retrouve mise en cause, alors même que la responsabilité première peut se situer ailleurs.
Le cas d’Ella Jean Paulin, dont les circonstances du décès restent à établir, doit donc être l’occasion de revoir ce volet de notre coopération diplomatique.
Le Gabon doit rester une terre d’accueil, mais il ne peut pas devenir le dernier recours social de tous les ressortissants étrangers en détresse.





