Le Gabon est plongé dans la consternation après l’annonce du décès de Bertrand Abessolo Mezui, huissier de justice et promoteur de la Société Agricole Intégrée Gabonaise (S.A.I.G.), survenu dans la nuit de lundi à mardi à l’Hôpital militaire de Libreville.
Figure connue du monde judiciaire gabonais, Bertrand Abessolo Mezui dirigeait un cabinet d’huissier de justice à Libreville. Parallèlement à sa carrière juridique, il avait engagé d’importants moyens dans un projet agricole présenté comme ambitieux, avec l’objectif de participer au développement de la filière agricole nationale.

Mais ces derniers mois, son nom s’était retrouvé au centre d’une controverse publique qui avait largement dépassé le cadre judiciaire, provoquant de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion.
À l’origine de cette tempête médiatique : des accusations publiques formulées par l’activiste camerounais Raoul Christophe Bia, qui affirmait que Bertrand Abessolo Mezui avait détourné des fonds destinés au développement de son projet agricole. Ces accusations, largement relayées en ligne et évoquées par le chef de l’État lors d’une adresse à la nation, avaient déclenché une vague de débats et de commentaires.
Face à ces mises en cause, Bertrand Abessolo Mezui avait fermement contesté ces accusations. Estimant que son honneur, sa réputation et son intégrité professionnelle étaient attaqués, il avait décidé de saisir la justice gabonaise en déposant, le 20 mai 2026, une plainte pour diffamation contre Raoul Christophe Bia.
Une démarche qui apparaissait comme la réponse d’un homme de droit souhaitant obtenir une clarification devant les institutions judiciaires.
Selon plusieurs proches du défunt, cette exposition publique aurait toutefois eu un impact profond sur son état psychologique. Déjà fragilisé par des problèmes de santé, Bertrand Abessolo Mezui aurait été particulièrement éprouvé par l’ampleur prise par cette affaire.
Ses proches rapportent notamment qu’il aurait été marqué par le fait que cette controverse ait été évoquée publiquement au plus haut niveau de l’État. Selon eux, cette séquence aurait renforcé ses inquiétudes concernant l’avenir de son entreprise, son image et sa sécurité.
Ils décrivent un homme profondément affecté, confronté à une pression considérable et plongé dans une période de grande souffrance.
Ces témoignages traduisent le ressenti de son entourage et ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir un lien direct entre cette situation et son décès.
Malgré sa connaissance des procédures judiciaires, la plainte déposée contre Raoul Christophe Bia n’avait, jusqu’à présent, pas connu d’issue publique. L’absence de dénouement rapide avait alimenté les interrogations autour d’un dossier devenu particulièrement sensible.
Certains observateurs avaient également évoqué les relations que Raoul Christophe Bia affirme entretenir avec certaines personnalités des hautes sphères de l’État, notamment après une rencontre au palais présidentiel. Toutefois, aucun élément public ne permet à ce jour d’établir un lien entre cette rencontre, les relations revendiquées par l’intéressé et le traitement judiciaire de la plainte déposée par Bertrand Abessolo Mezui.

Avec la disparition de ce dernier, une nouvelle question se pose désormais : que deviendra cette procédure judiciaire engagée avant son décès ?
La justice poursuivra-t-elle l’examen du dossier ? La procédure pourra-t-elle continuer sous une autre forme ? À ce stade, aucune communication officielle n’a été rendue publique sur les conséquences exactes de ce décès sur le dossier.
Au-delà de la dimension judiciaire, la disparition de Bertrand Abessolo Mezui ouvre également un autre chapitre : celui de l’avenir de la Société Agricole Intégrée Gabonaise.
Selon les informations recueillies auprès du défunt, plus de 700 millions de francs CFA auraient été investis dans ce projet. La S.A.I.G. comprenait notamment une exploitation agricole d’environ quatre hectares, plusieurs bâtiments modernes destinés à l’élevage de volailles, des infrastructures techniques ainsi que des installations prévues pour accueillir le personnel.
Le projet employait déjà plusieurs Gabonais, parmi lesquels un vétérinaire, et était présenté comme une initiative créatrice d’emplois et porteuse d’espoir pour la transformation agricole du pays.
La question se pose désormais : que deviendront ces investissements ? Qui assurera la continuité de cette entreprise ? Le projet pourra-t-il survivre à la disparition de celui qui l’avait porté ?
Entre accusations publiques, bataille judiciaire, pression médiatique et disparition brutale d’un entrepreneur engagé, l’affaire Bertrand Abessolo Mezui laisse derrière elle un profond sentiment d’inachevé.






Les installations de la Société Agricole Intégrée Gabonaise (S.A.I.G.) non loin de la commune de Ntoum ont coûté un peu plus de 700.000.000 FCFA au jeune entrepreneur gabonais .
Des questions restent ouvertes. Les circonstances exactes ayant conduit à cette situation, les suites judiciaires du dossier et l’avenir de la S.A.I.G. devront désormais être éclaircis par les autorités compétentes.
Une chose demeure : cette affaire aura marqué durablement l’opinion publique gabonaise.






