Ce lundi 21 juillet 2025 au quartier Louis , le décor était planté pour un affrontement politique aux allures de règlement de comptes. Caméras braquées, journalistes sur le qui-vive, partisans à l’affût… Tout Libreville attendait le clash entre les deux factions du Parti Démocratique Gabonais. Mais au final ? Zéro étincelle, zéro leader, zéro munitions.
Les troupes d’Ali Bongo ou du moins ce qu’il en reste se sont présentées ce lundi après-midi devant le siège du PDG, désormais contrôlé par le camp Blaise Louembé. Objectif annoncé : tenir une réunion dans “leur” maison, comme s’ils n’avaient jamais quitté les lieux. Mais comme prévu, l’accès leur a été refusé.
Et là où l’on attendait une résistance, une pression, un échange musclé, on a eu… un petit discours fade et une stratégie de repli écrite à l’avance. Leur chef de troupe, Ali Akbar Onanga, n’a même pas daigné se présenter. À sa place, un émissaire anonyme et résigné, venu réciter la plainte du jour : « On nous a bloqués, mais nous ne sommes pas venus pour l’affrontement. » Rideau.
Mais le clou du spectacle, c’est cette présence fantomatique qu’on devinait à peine : un huissier, soigneusement dissimulé entre les jambes des militants sans cartouche. Pas de cri, pas de drapeau levé, juste un stylo prêt à constater… quoi ? Le néant. Le vide. L’échec soigneusement mis en scène.
L’idée était simple et grotesque : faire constater par un officier ministériel que le camp Bongo n’a pas pu entrer. Comme si une reconquête politique se gagnait avec des procès-verbaux, des mines déconfites et des micros tournés vers le vide.
En face, la direction actuelle du PDG reste droite dans ses bottes. La Secrétaire Générale a rappelé que le parti s’est réorganisé démocratiquement après la mise en réserve d’Ali Bongo en 2024. Ceux qui continuent à brandir son nom comme une carte magique jouent les prolongations d’un match déjà terminé.
Le peuple attendait des éclats. Il a eu des excuses. Le pays espérait un débat. Il a eu une fanfaronnade administrative déguisée en action politique.
Ce lundi 21 juillet restera dans les annales. Non pas comme le jour d’un retour fracassant, mais comme celui où les “soldats” d’Ali Bongo sont venus au combat… avec des balles à blanc. Et pendant que les vrais dirigeants du PDG avancent, les autres constatent. Par huissier interposé.









