Le verdict est tombé, et avec lui, une vague d’indignation qui ne cesse de grandir. À Kinshasa, le tribunal de grande instance de Kinkole a condamné le Dr David Balanganayi à deux mois de prison… avec sursis. Une décision qui, pour beaucoup, frise l’incompréhensible au regard de la gravité des faits.
Car ce qui est reproché à ce médecin dépasse l’entendement. Une vidéo devenue virale le montre en train de frapper une patiente, quelques instants seulement après son accouchement. Une femme vulnérable, affaiblie, exposée à une violence brutale là même où elle devait trouver soins et protection. Les accusations évoquent des coups et blessures aggravés, des actes de torture et même une tentative de meurtre.
Et pourtant, la sanction reste légère. Trop légère.
Ce jugement soulève une question troublante : quelle valeur accorde-t-on réellement à la vie et à la dignité des patients ? Car dans de nombreux pays, un tel comportement aurait immédiatement entraîné des conséquences irréversibles pour le praticien : suspension, radiation, interdiction définitive d’exercer, et surtout, une peine de prison ferme.
Au Gabon, par exemple, une telle affaire aurait très probablement pris une tournure bien différente. Le corps médical, encadré par des règles déontologiques strictes, n’aurait pas toléré un tel dérapage. Un médecin reconnu coupable de violences sur une patiente aurait été radié sans délai et traduit devant la justice avec une sévérité exemplaire. Car toucher à un patient, c’est franchir une ligne rouge.
Mais à Kinshasa, c’est un tout autre signal qui est envoyé : celui d’une justice jugée clémente, presque indulgente face à des faits pourtant graves. Une décision qui alimente un sentiment d’injustice et renforce l’idée d’une impunité inquiétante.
Le plus choquant reste ce renversement des rôles : celui qui prête serment pour sauver des vies devient celui qui les met en danger. Celui en qui l’on place toute sa confiance devient une source de peur et de violence. Une dérive inacceptable.
Au-delà de cette affaire, c’est tout un système qui est interpellé. Car lorsqu’un acte aussi grave est sanctionné avec autant de légèreté, c’est un message dangereux qui est envoyé à la société.
Et une question demeure, brûlante : combien de victimes faudra-t-il encore pour que justice soit réellement rendue ?





