Pendant huit longues années, son nom a été associé à l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire politique gabonaise : l’attaque meurtrière du QG de Jean Ping, les rafales, les morts, les disparus, les familles brisées, le chaos d’une nuit où le pays a basculé dans l’horreur.
Et au centre des accusations, Mathias Otounga, ministre de la Défense au moment des faits.
- « Un écrit du président nous interdisait l’usage d’armes létales »
- « Le ministre de la Défense n’est pas un commandant d’opérations »
- « Je n’ai donné aucun ordre, et je n’en ai reçu aucun »
- L’incendie de son quartier : une mise au point brutale
- « Si on avait voulu la vérité, on l’aurait eue »
- Une décharge totale… sans nommer personne
Pour l’opinion, c’était clair : c’est lui qui avait donné l’ordre.
L’ordre de tirer.
L’ordre de réprimer.
L’ordre de frapper un opposant retranché dans son QG.
Mais pour la première fois depuis 2016, Otounga sort de sa réserve.
Et sa version, livrée dans une interview diffusée par l’activiste Princesse de Souba, surprend.
« Un écrit du président nous interdisait l’usage d’armes létales »
Otounga ne dit pas que « personne n’a voulu l’entendre ».
Il dit simplement ce qu’il peut affirmer, et ce qu’il détient comme preuve :
un document signé de l’ancien président Ali Bongo, envoyé bien avant les élections, et adressé au ministre de l’Intérieur et à lui-même.
« Le président nous a écrit pour nous interdire l’utilisation d’armes létales lors des opérations de maintien de l’ordre. J’ai reçu ce document. Je l’ai transmis à mes subalternes. »
Il insiste : ayant ce document en main, il n’aurait jamais pu accepter un ordre contraire sans exiger un écrit.
Un point qu’il martèle pour établir qu’il n’a jamais donné l’ordre de tirer.





Ci-dessus,l’attaque meurtrière du QG de Jean Ping, les rafales, les morts, les disparus, les familles brisées, le chaos d’une nuit où le pays a basculé dans l’horreur.
« Le ministre de la Défense n’est pas un commandant d’opérations »
Autre précision importante : Otounga corrige une idée répandue dans la population.
« Beaucoup pensent que le ministre prend un téléphone et dit : ‘Allez tirer’. Mais ça ne se passe pas comme ça. Le ministre de la Défense n’est pas dans l’opérationnel ; il est dans la gestion. »
Un message clair :
il ne dirige pas les unités sur le terrain.
« Je n’ai donné aucun ordre, et je n’en ai reçu aucun »
L’ancien ministre affirme n’avoir jamais :
– donné un ordre de tir,
– reçu un ordre de tir,
– participé à la chaîne de commandement opérationnelle.
Il évoque aussi la proximité entre sa maison et celle de Jean Ping pour expliquer l’absurdité, selon lui, de l’idée qu’il aurait pu faire attaquer son propre voisin tout en restant vulnérable dans le même périmètre.
L’incendie de son quartier : une mise au point brutale
Otounga révèle également une conversation troublante avec un proche du propriétaire d’une maison incendiée :
« On m’a dit : ce n’est pas toi, c’est Sylvia. J’ai demandé ce que j’avais à voir avec elle. Je n’ai jamais eu de contact avec madame Sylvia, ni professionnel, ni personnel. »
Selon lui, on l’a associé à cette affaire uniquement parce qu’il faisait partie du premier cercle du pouvoir.
« Si on avait voulu la vérité, on l’aurait eue »
C’est la phrase la plus lourde de son intervention.
Presque un constat d’échec collectif :
« Au Gabon, les enquêtes n’aboutissent jamais. Si on avait voulu savoir, on l’aurait su. »
Pour lui, la récente transition était l’occasion idéale pour faire la lumière, mais elle n’a pas été saisie.
Une décharge totale… sans nommer personne
Otounga donne sa version des faits, se disculpe, mais ne révèle aucune responsabilité, aucun commandement, aucune ligne directe entre le pouvoir et les hommes sur le terrain.
Il dit simplement :
« Ce n’était pas moi. »
Une déclaration qui relance le débat au lieu de le clore.
SOURCE DE L’INTERVIEW :
Déclaration de Mathias Otounga, diffusée par Princesse de Souba, activiste gabonaise












