Ce n’est plus un avertissement. Ce n’est plus un appel. C’est une rupture nette, assumée et irréversible. À l’issue de son Assemblée générale, SOS Éducation a décidé l’arrêt total des cours dès ce lundi dans l’ensemble des établissements scolaires du Gabon. Le système éducatif entre dans une phase de blocage généralisé, conséquence directe de l’échec total du dialogue entre les enseignants et le gouvernement.
Que le pouvoir cesse toute posture d’étonnement : la grève n’est pas tombée du ciel. Un préavis a été régulièrement déposé, les revendications clairement formulées, les délais respectés. Le gouvernement a choisi l’inaction. En retour, les enseignants ont choisi la fermeté.
SOS Éducation ne cache plus la nature du combat engagé. La grève est un rapport de force, et ce rapport de force est désormais enclenché. Il ne s’agit plus de négocier dans le vide, mais de contraindre l’État à sortir de son immobilisme. Dans cette dynamique, être militant ne signifie plus seulement soutenir, mais agir, convaincre, élargir la mobilisation et entraîner l’ensemble du corps enseignant.


La participation active de responsables et militants de la CONACICED à l’Assemblée générale marque un tournant stratégique. L’unité syndicale se consolide, et avec elle la capacité de résistance. Le message est clair : lorsqu’on partage les revendications de SOS Éducation, on rejoint le mouvement de grève. Toute autre posture relèverait désormais de la complaisance.
Le mouvement rappelle une vérité historique que le pouvoir tente d’effacer : aucune avancée sociale n’a jamais été accordée spontanément aux enseignants. Infrastructures scolaires, primes, allocations, avantages statutaires — tout a été arraché par la mobilisation. La doctrine reste inchangée : si l’on veut la noix de coco, il faut secouer le cocotier.
Face aux tentatives de dissuasion et aux menaces à peine voilées, SOS Éducation oppose le droit. Le droit de grève est constitutionnel, massivement validé par le peuple. Et ce droit n’est pas décoratif : c’est un droit à la contestation, un droit à la désobéissance sociale face à l’injustice. Un État qui refuse de le garantir se place lui-même en porte-à-faux avec ses propres principes.
Consciente des sacrifices que cette lutte impose, la plateforme ne vend aucune illusion. La victoire aura un coût, mais la résignation en aurait un bien plus lourd : l’effondrement définitif de l’école publique et l’abandon méthodique de la dignité enseignante.
Dès ce lundi, de Franceville à Tchibanga, de Mouila à Makokou, de Oyem à Bitam, de Minvoul à Omboué, les écoles seront à l’arrêt. Des piquets de grève seront érigés, des rassemblements organisés. Le silence des salles de classe deviendra un langage politique.
L’arrêt total des cours n’est plus une menace. Il est une réalité.
Et dans ce bras de fer désormais ouvert, la rupture est bel et bien consommée.











